« Dans un marché concurrentiel, le détaillant prospère doit atteindre deux objectifs très difficiles à réaliser : se démarquer et bien cibler son offre. C'est ce qui explique en partie le succès de Simons. »
propre marque. Le public recherche une expérience et des pro- duits distinctifs, et c’est ce qu’offre Simons. » Toutefois, Peter Simons sait que, dans le rude contexte du commerce de détail d’aujourd’hui, rien n’est acquis. Les ferme- tures de magasins se succèdent et des détaillants canadiens disparaissent, réduisent ou suspendent leurs activités en demandant la protection contre les créanciers. « Une entre- prise, c’est fragile, observe-t-il. C’est comme un orchestre ou une équipe de hockey : beaucoup de personnes se rassemblent pour atteindre un objectif. Il faut créer des conditions favo- rables, mais elles peuvent facilement se dégrader. On peut être éliminé très rapidement. » L’expansion à venir de l’entreprise est motivée en grande
partie par le fait qu’il faut de l’ampleur pour soutenir les initia- tives de création et de technologie qu’un détaillant doit mener dans le paysage concurrentiel d'aujourd'hui et de demain. La collaboration avec des créateurs de produits spéciaux nécessite des minimums de production et d’honoraires qu’on peut obtenir au moyen de lots de fabrication importants qui ne peuvent être offerts que dans un grand nombre de magasins, explique M. Simons. La société s'emploie aussi à développer ses marques maison. L’aspect technologique est plus complexe, car Simons inves-
tit des sommes considérables non seulement dans le magasi- nage en ligne, mais également dans des fonctions de gestion fondamentales. « Les facteurs clés de succès d’une entreprise comme la nôtre évoluent très rapidement. Je crois que c’est là l’essentiel, affirme M. Simons. Nous misons sur nos effectifs. La mode et la créativité constituent des éléments très impor- tants mais, sans une conception avant-gardiste des systèmes d’information ou une gestion professionnelle de la planifica- tion financière, nous ne pourrons pas survivre à l’avenir. » « À mesure qu’une entreprise croît, ajoute-t-il, les décisions prennent plus d’importance, le contexte devient beaucoup plus concurrentiel et différents aspects de la gestion d’un détaillant de calibre mondial sont beaucoup plus exigeants qu’auparavant. Tout devient plus pointu : il faut disposer de plus d’outils mathématiques, concevoir des algorithmes plus complexes pour gérer son entreprise et trouver le moyen d’inté- grer l’automatisation et la gestion des renseignements. Toute l’entreprise repose sur un véritable entrepôt de données. » L’équipe de direction de Simons compte donc un membre
clé qui possède un doctorat en mathématiques et en statis- tique, ce qui aurait été impensable il y a dix ans à peine.
Au niveau des magasins, Simons a amorcé des initiatives
technologiques qui transformeront le commerce de détail tant du point de vue de la direction que de celui des consomma- teurs. La notion de magasin entièrement connecté va au-delà du magasinage en ligne. Un site Web entièrement transac- tionnel est essentiel aux détaillants d’aujourd’hui, mais il ne constitue qu’un terme de l’équation. « Internet n’est plus sim- plement un magasin, mais une armature technologique per- mettant de repérer des produits, de servir la clientèle et de répondre à ses besoins », explique M. Simons. « Nous tentons d’affiner notre concept et nous le remettons
continuellement en question, poursuit-il. Comment le mettre en pratique? Quelle est l’incidence d’Internet sur l’espace dont nous avons besoin? Le marché cherche continuellement à se renouveler et il faut travailler fort pour y maintenir notre place. Je compte vraiment ajouter de la valeur au niveau des maga- sins, et il ne s’agit plus de long terme. Le temps presse, car demain est à nos portes. » L’inventaire complet de la société sera mis en ligne sur un
site Web entièrement intégré avec une application mobile et un nouveau programme de fidélisation. Les vendeurs disposeront d’appareils iPad permettant d’accéder en ligne à des renseigne- ments sur les produits. On met aussi à l’essai une technologie de communication en champ proche, qui permettra aux clients d’utiliser leur téléphone intelligent pour se renseigner sur un produit pendant qu’ils magasinent. Simons semble avoir adopté la voie de l’avenir. « Grâce aux
progrès de la technologie, les détaillants qui s’imposent évo- luent dans un monde multicanal où ils intègrent une plate- forme de commerce électronique avec leurs magasins afin de travailler sur les deux plans », affirme Daniel Baer, leader natio- nal, Commerce de détail et produits de consommation chez Ernst & Young s.r.l./S.E.N.C.R.L. « Dans un marché concurrentiel, ajoute M. Baer, le détaillant
prospère doit atteindre deux objectifs très difficiles à réaliser : se démarquer et bien cibler son offre. C’est ce qui explique en partie le succès de Simons. » Comment le détaillant entend-il se montrer à la hauteur? « Il
faut rester très humble et très vigilant, répond M. Simons, continuer de réfléchir et garder l’esprit ouvert à tous les chan- gements qui surviennent autour de soi. » À cela s’ajoutent une bonne dose de travail et un peu de chance.
KATRYN LEGER est journaliste pigiste à Montréal. MAI 2015 | CPA MAGAZINE | 33
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