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Dollars et cents


DAVID TRAHAIR Le prix de la gratuité Q


UAND J’ÉTUDIAIS À L’UNIVERSITÉ, en 1981, mon profes- seur de sciences nous parlait des possibilités d’emploi dans notre domaine. Nous n’avions alors que l’embar-


ras du choix. Pour les diplômés d’aujourd’hui, trouver un emploi dans


leur domaine est un véritable défi, qui semble de plus en plus difficile à relever pour une foule de raisons d’ordre démogra- phique et technologique. L’une de ces raisons est la tendance qui permet d’obtenir des biens et des services à prix modique, voire gratuitement. J’ai pris conscience de ce phénomène en lisant l’ouvrage de Thomas L. Friedman La Terre est plate (The World Is Flat), paru en 2007. L’auteur y interviewe Bill Gates, fondateur de Microsoft, et lui demande ce qu’il pense de la suite gratuite OpenOffice, qui rivalise avec Microsoſt Office. OpenOffice est une suite bureautique que les utilisateurs de


Mac ou de PC peuvent télécharger gratuitement et qui com- prend un outil de traitement de texte, un tableur, un logiciel de présentation graphique, etc. Bill Gates répond par une interrogation très pertinente :


pourquoi quelqu’un embaucherait-il des milliers d’employés et dépenserait-il une fortune pour mettre au point une suite logi- cielle du calibre de Microsoft Office, alors qu’un concurrent peut surgir et offrir gratuitement un produit équivalent? Pour le consommateur, de tels développements sont évidem-


ment une excellente nouvelle. Il n’y a pas si longtemps, un PC neuf coûtait 1 500 $, et il fallait ajouter un autre 500 $ pour acheter Microsoſt Office Pro. Toutefois, l’effet sur les nouvelles entreprises et, par consé-


quent, sur les emplois, ne peut être que négative. Prenons d’autres exemples de biens et de services bon


marché ou gratuits. La musique : Auparavant, on se procurait la musique en payant 20 $ pour un CD de 15 chansons. Steve Jobs et Apple ont changé cela en offrant sur iTunes des


chansons à 0,99 $ l’unité, ce qui a porté un dur coup à l’indus- trie du CD car il n’était plus nécessaire de payer pour 15 chan- sons à la fois. Mais les jeunes de la nouvelle génération, qui s’y connaissent


en technique, ne paient pas 0,99 $ l’unité. Ils téléchargent des chansons sans frais ou ils les écoutent gratuitement sur YouTube. Les artistes perdent ainsi leurs droits d’auteur et bon nombre d’artistes âgés doivent reprendre les tournées pour gagner leur vie.


La télévision par câble : En avez-vous assez de payer plus de 100 $ par mois pour la télévision par câble ainsi que pour les magnétoscopes numériques? Ce n’est pas le cas de la nouvelle génération, puisqu'elle


accède gratuitement à la télévision en ligne. Les jeunes savent qu’il est très facile de visionner sans frais les émissions les plus prisées, quelques minutes après leur diffusion. C’est ainsi que Game of Thrones de HBO est l’une des séries télé qui ont été le plus piratées. Les films : Nombreux sont ceux qui regardent des films gratui- tement grâce à une technologie illégale de téléchargement partagé (utilisant des fichiers torrent). Mais la plus récente tendance consiste à trouver un site où


l’on peut visionner gratuitement des films sans avoir à les télé- charger. Bien des gens refusent de payer 8 $ par mois à une société comme Netflix pour accéder à sa collection de films. Les journaux : La jeune génération s’informe gratuitement sur Internet. Elle ne paie ni pour la livraison d’un journal à domi- cile, ni pour l’accès en ligne à 25 $ par mois. Et cette tendance gagne du terrain. Le Toronto Star vient d’éliminer son accès payant et de rendre son contenu accessible sans frais. Le téléphone résidentiel : Les baby-boomers sont probable- ment la dernière génération à avoir un téléphone résidentiel. Pourquoi payer pour ce service alors qu’on possède un cellu- laire? Bien des gens ont déjà coupé le cordon. Cette tendance qui permet d’obtenir des biens et services


bon marché ou gratuitement ne fera que s’amplifier, et son influence néfaste sur le marché de l’emploi dans les secteurs visés ne fera que s’étendre. Il y a cependant de l’espoir. Peu importe que les jeunes de la nouvelle génération aient de grandes connaissances techniques ou qu’ils disposent de peu d’argent, ils auront toujours besoin de nourriture, de vête- ments, de formation (bon nombre continueront d’étudier après l’université, faute de trouver un emploi), de soins person- nels, de voitures, de logements (loués, car la plupart n’auront pas les moyens d’acheter), de loisirs culturels et sportifs, de cellulaires, d’accès sans fil… et de services comptables. Donc, si vous cherchez un emploi ou une société dans


laquelle investir, envisagez les secteurs dont les biens et ser- vices ne s’obtiennent pas gratuitement.


DAVID TRAHAIR, CPA, CA, chroniqueur, conférencier et auteur, a publié cinq ouvrages sur les finances personnelles.


MAI 2015 | CPA MAGAZINE | 51


Jaime Hogge


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