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L’endettement en pièces détachées


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« N’emprunte ni ne prête », dit Shakespeare dans Hamlet.


De nos jours, ce conseil conviendrait-il aux administrations publiques, aux entreprises et aux particuliers? L’économie s’effondrerait-elle si l’on écoutait Shakespeare?


NON, CE N’EST PAS UN CONSEIL À SUIVRE. Oui, l’économie s’effondrerait. « Ce conseil suppose que l’on dépense jusqu’au dernier dollar gagné; il s’agit d’une économie de subsistance, explique Derek Holt, vice-président, Études économiques de la Banque Scotia. Avant la crise, on avait beaucoup trop emprunté, mais l’endettement peut jouer un rôle très légitime dans la vie d’une personne. L’une des grandes réalisations du XXe


des marchés financiers et l’élargissement de l’accès à « L’endettement peut jouer un rôle


l’emprunt, ce qui a permis aux consommateurs d’étaler leurs obligations financières dans le temps. Sans la capacité d’emprunter, un jeune de 25 ans aurait du mal à acheter une voiture ou une maison avec son salaire. »


Comment la crise américaine des prêts hypothécaires à risque a perturbé l’économie mondiale


LES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES, LES PRÊTEURS, WALL STREET et les emprunteurs ont tous contribué au recul des marchés mondiaux. La cause profonde pourrait remonter au milieu des années 1990, lorsque l’administration Clinton a donné aux agences de financement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac le mandat de maximiser l’accession à la propriété aux États-Unis. Les banques californiennes ont imparti l’approbation et l’octroi de prêts hypothécaires à des tiers courtiers, dégageant ainsi leurs prêteurs de la propriété du risque. Les banques américaines ont aussi lancé des produits à risque élevé comme les prêts hypothécaires à taux d’intérêt faible ou nul et, dans le sud du pays, l’option de non-remboursement d’un prêt hypothécaire, ce qui permettait aux emprunteurs de renoncer à leur prêt sans pénalité. Des personnes à revenu modeste constituaient ainsi des portefeuilles de maisons qu’elles n’avaient pas les moyens d’acheter. Les législateurs ont également contribué au recul des marchés en autorisant cette déresponsabilisation. En outre, la Réserve fédérale, dirigée par Alan Greenspan, a maintenu les taux d’intérêt trop bas pendant trop longtemps, ce qui a encouragé les emprunteurs qui croyaient que les taux n’augmenteraient jamais, souligne Derek Holt. Enfin, Wall Street a créé de nouveaux modes d’emprunt, et aggravé l’endettement. Lorsqu’un maillon de cette chaîne a commencé à manquer à ses engagements, cela a provoqué un effet d’entraînement.


Le saviez-vous? En 2013-2014, selon l’Institut Fraser, les administrations canadiennes ont dépensé collectivement quelque 61,7 G$ en paiements d’intérêts.


38 | CPA MAGAZINE | MAI 2015 siècle a été l’approfondissement


John Taylor/Art Images/Getty Images


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