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Fraude ARNAQUES EN TOUS GENRES
DAVID MALAMED
Amis hier, ennemis aujourd’hui
permettre à M. Ceglia d’engager un avocat, le juge s’est égale- ment demandé si les fonds libérés n’avaient pas plutôt servi à financer sa fuite. Selon Bloomberg News, la police a perquisitionné chez
M. Ceglia parce qu’un agent des services d’intervention avant procès ne réussissait pas à le joindre. Le présumé fraudeur devait comparaître devant un tribunal de Manhattan pour subir son procès le 4 mai. On l’accusait d’avoir fabriqué des documents pour faire croire que Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, avait accepté de lui verser 50 % des actions de la société de médias sociaux, plus une part quotidienne de 1 % après le 1er
janvier 2004, jusqu’à l’achèvement du site Web,
contre une somme de 1 000 $ US négociée entre eux en avril 2003. S’il avait reçu le maximum prévu aux termes de la présumée entente, M. Ceglia (qui réclamait également des dommages-intérêts) aurait détenu 84 % de Facebook. À la suite d’une enquête du service d’inspection postale des
L
A SAGA DE PAUL CEGLIA, qui était l’objet de graves accusa- tions de fraude concernant sa prétention à la moitié des parts de Facebook Inc., a pris une tournure inhabituelle
au début de mars. L’homme de 41 ans a disparu de son domicile de Wellsville
(New York) avec sa femme Iasia et leurs deux enfants après avoir apparemment coupé le bracelet électronique qu’il devait porter en vertu d’une caution de 250 000 $ US négociée en 2012. Munie d’un mandat de perquisition, la police a décou- vert chez lui le dispositif de localisation, qui était motorisé et monté au plafond, relié à un appareil artisanal qui simulait les mouvements d’un marcheur. « L’appareil semblait servir à maintenir le bracelet en mouve-
ment au moyen d’une tige reliée à un moteur qui faisait bouger le bracelet », a expliqué le procureur adjoint Alexander Wilson dans les documents juridiques déposés à la suite de la dispari- tion de M. Ceglia, en ajoutant qu’une minuterie était reliée au chargeur du bracelet pour faire croire au centre de surveillance que M. Ceglia était chez lui en train de le charger. En révoquant la caution de Paul Ceglia, que sa famille devra probablement payer, le juge Vernon Broderick, de la cour fédé- rale de Manhattan, a observé qu’il n’était pas facile de trafiquer un bracelet électronique sans une rigoureuse planification. Comme on avait réduit la caution en septembre pour
54 | CPA MAGAZINE | JUIN-JUILLET 2015
États-Unis sur ses allégations, Paul Ceglia a été accusé de fraude postale et de fraude électronique, des infractions pas- sibles d’une sentence maximale de 40 ans d’emprisonnement. Il a plaidé non coupable. Au moment d’écrire ces lignes, on n’avait pas retrouvé
M. Ceglia. On croit qu’il aurait emmené sa famille en Irlande, pays natal de sa mère, où il avait vécu naguère, ou encore aux Bahamas, où il avait travaillé pendant quelques années. En 2012, il avait dû remettre son passeport pour recouvrer sa
liberté, mais la famille d’Iasia, qui le qualifie de maître dans l'art de manipuler, croit qu’il en a obtenu un nouveau et qu’il a contraint sa femme à fuir avec lui. Ses manigances pour extorquer une fortune à Facebook
(dont la capitalisation boursière s’élevait récemment à plus de 200 G$ US, selon Yahoo Finance) pourraient inspirer le cinéaste Aaron Sorkin à tourner une suite à son film Le Réseau social portant sur la création de Facebook. Le méchant serait évidemment Paul Ceglia, qui a un passé
plutôt douteux. « En 1997, il a plaidé coupable de possession de champignons hallucinogènes au Texas, et [en 2010] il a été arrêté, accusé de fraude, et son entreprise a été fermée sur ordre d’Andrew Cuomo, alors secrétaire à la Justice de l’État de New York », a rapporté The New York Times. L’entreprise en question était Allegany Pellets, fondée par le
couple Ceglia en 2009. Elle fabriquait et vendait des granules de bois comme combustible de chauffage écologique. « Huit mois plus tard, il a été arrêté par la police et accusé d’avoir
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