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« Certains disent que l'automobile de l'avenir sera le plus imposant dispositif électronique


grand public. Au fond, un véhicule autonome est un téléphone intelligent sur roues. »


Une équipe de l’Université Stanford a fait courir sa Shelley,


une voiture de course sans conducteur (une Audi TTS), sur la piste de Thunderhill, près de Sacramento, en Californie. Fruit d’une collaboration entre les laboratoires de l’Université Stanford et de Volkswagen, la Shelley atteint des vitesses de 195 km/h. Des logiciels lui indiquent quand freiner, virer et accélé- rer. « Elle peut maintenant se mesurer à une voiture conduite par un coureur automobile amateur », affirme M. Waslander.


L’incidence sociale Les véhicules automatisés : l’avènement de la prochaine technologie perturbatrice, un rapport du Conference Board du Canada rédigé en collaboration avec l’Institut Van Horne de Calgary et le CAVCOE, invite les administrations publiques et les entreprises à planifier en fonction des véhicules automatisés, car ces der- niers bouleverseront les besoins en infrastructure, la nature des emplois, l’économie et les soins de santé. Selon ce rapport, les avantages pourraient se chiffrer à 65 G$, en grande partie grâce à une forte diminution du nombre de collisions, d’où des éco- nomies au chapitre des soins de santé, des frais juridiques et de la réparation d’automobiles. Les chiffres sont encore plus éloquents aux États-Unis, où les accidents de la route coûtent près de 900 G$ US par année. Voilà peut-être pourquoi le pays semble se préparer plus résolument que le Canada à l’avènement de la voiture sans conducteur. Chez nous, seule la province de l’Ontario semble en train d’éla- borer des dispositions législatives quant à la mise à l’essai des véhicules autonomes. Aux États-Unis, 17 États ont envisagé de légiférer en matière


de véhicules automatisés. En vertu des lois qui ont déjà été adoptées, lorsqu’il n’y a personne dans la voiture, l’« opérateur » du véhicule est la personne qui a activé la conduite autonome. Au bout du compte, c’est l’évolution de la technologie elle- même qui orientera la législation sur les véhicules autonomes et qui en optimisera l’efficacité.


La sécurité Dans 93 % des cas, les collisions sur route sont dues à l’erreur humaine. La voiture automatisée peut scanner son entourage sur 360 degrés, au moins 30 fois par seconde, sans distractions. Elle peut donc être beaucoup plus sécuritaire que l’automobile


28 | CPA MAGAZINE | JUIN-JUILLET 2015


ordinaire. Lorsqu’elle est dotée d’un système d’alerte de voiture à voiture, elle peut indiquer une situation dangereuse aux véhi- cules (équipés du même système) qui l’entourent et qui la suivent. « Elle allégera considérablement, sur les plans humain et financier, la charge du réseau de la santé, ce qui permettra de réaffecter les ressources aux hôpitaux, souligne Peter Wallis, président et chef de la direction de l’Institut Van Horne. La voiture sans conducteur élimine l’aspect le plus imprévisible de la conduite automobile : l’élément humain. » On prévoit aussi que l’avènement de la voiture autonome se


traduira par un accroissement du partage de véhicules et donc par une baisse du nombre de voitures en circulation. « L’adoption généralisée des véhicules automatisés favorisera le renouveau des services de transport, car plus de gens partage- ront les mêmes voitures au lieu d’en posséder une, explique M. Kirk. Songez à l’incidence d’Uber. » (Fondée il y a six ans, Uber est l’entreprise de taxis en ligne où des automobilistes ordinaires et des chauffeurs de taxi professionnels offrent des services de transport sur demande. Maintenant présente dans 56 pays, elle a généré des recettes estimatives annuelles brutes de 2 G$ US l’an dernier.) Uber pourrait offrir la voiture autonome en temps partagé. Il n’est pas étonnant que Google et Uber aient tant vanté l’at-


trait des voitures autonomes. Il en va de même pour l’industrie du camionnage : il serait beaucoup moins coûteux et plus effi- cace de transporter des marchandises par camion automatisé, puisque le conducteur représente à lui seul jusqu’à 60 % des dépenses. En outre, ce mode de transport transformera nos habitudes de magasinage en accélérant la croissance des achats en ligne, qui pourront être livrés au moyen de voitures roboti- sées minuscules et extrêmement efficaces. Selon M. Waslander, les véhicules en circulation seront beaucoup plus diversifiés. « Soudain, on n’a plus besoin d’espace pour faire asseoir des passagers. On peut personnaliser des véhicules en fonction de ce qu’ils transportent. On le fait déjà avec les drones. » Toute technologie perturbatrice comporte des avantages et


des inconvénients. Les premières personnes touchées seront évidemment les chauffeurs du secteur commercial. Puis les ateliers de carrosserie, les experts en sinistres, les assureurs, les organismes d’exécution de la loi, les avocats, ainsi que notre système judiciaire tout entier, auront besoin de moins


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