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Le nombre de tours de financement qui ont été menés au Canada par des SCR américaines est passé de 31 en 2009 à 112 en 2013.


l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement. Ces nouvelles entreprises ont grandement bénéficié du nouvel « écosystème » financier : réseaux d’investis- seurs providentiels, accélérateurs d’entreprises, etc. (voir le Glossaire du nouvel écosystème financier de la technologie à la page 47). Auparavant, les sociétés canadiennes se considéraient chan-


ceuses lorsqu’elles recueillaient 2 M$ en phase de croissance. Elles peuvent maintenant mobiliser de 30 à 100 M$, souligne Chris Arsenault, dirigeant de la SCR montréalaise iNovia. « Le marché n’a jamais été aussi sain, et il n’y a jamais eu autant de réseaux », ajoute M. Woollatt. L’entreprise de M. Arsenault est la deuxième en importance


dans son domaine au Canada. Elle a récemment ouvert un bureau à Waterloo, où 66 % du financement du capital-risque a porté sur les technologies de l’information et des communica- tions en 2014. Robert Nardi, directeur du groupe des Technologies, médias


et télécommunications de Deloitte Canada, a lui aussi observé des changements dans les réponses fournies par les entreprises lors de la dernière édition du programme Fast 50. « Près de 90 % des entreprises ont déclaré qu’elles restaient au Canada parce qu’elles y trouvaient le financement nécessaire », signale-t-il. Le fait que les SCR américaines soient davantage disposées à


faire affaire avec des entreprises canadiennes, même si celles-ci ne souhaitent pas quitter le pays, constitue un grand change- ment. Cela s’explique en partie par la simplification des règles de dépôt de l’Agence du revenu du Canada qui s'appliquent aux investisseurs, mais surtout par une nouvelle attitude. En effet, les entreprises en phase de démarrage sont de plus en plus audacieuses, et les investisseurs américains savent très bien que s’ils ne financent pas ces entreprises, elles se tourneront vers d’autres capital-risqueurs. Brian Cozzarin, professeur agrégé en sciences de la gestion à


la faculté d’ingénierie de l’Université de Waterloo, précise que le nombre de tours de financement qui ont été menés au Canada par des SCR américaines est passé de 31 en 2009 à 112 en 2013. Dans le cas de D2L, l’entreprise ontarienne a attiré des capitaux de SCR de Silicon Valley, de San Francisco et de New York, ainsi que du Canada. « Les SCR cherchent des entreprises qui peuvent dominer le


marché », déclare Ajay Agrawal, professeur à la Rotman School of Management de l’Université de Toronto et fondateur de Creative Destruction Lab, un programme destiné aux entre- prises de technologie en phase de démarrage. Il rappelle qu’il y


46 | CPA MAGAZINE | JUIN-JUILLET 2015


a 10 ans, D-Wave, une société d’informatique quantique de Vancouver, a obtenu des fonds de Draper Fisher Jurvetson, une importante SCR de Menlo Park en Californie. « Cette transac- tion a laissé savoir aux autres SCR américaines qu’elles devraient emboîter le pas. » Les SCR ne sont pas les seules à se tourner vers le Canada.


M. Woollatt signale que les divisions de capital-risque d’impor- tantes entreprises de technologie américaines comme Cisco, Google, General Electric et Salesforce sont elles aussi en quête de possibilités d’affaires au Canada. Par exemple, D-Wave a récemment obtenu 29 M$ US supplémentaires, principale- ment de In-Q-Tel et du fonds Bezos Expeditions dirigé par Jeff Bezos, fondateur d’Amazon. Au Canada, le changement le plus important en matière de


financement à risque ces dernières années a été la baisse de popularité des fonds de capital-risque de travailleurs, un abri fiscal pour les entreprises et les individus qui investissent dans des fonds dirigés par un conseil d’administration composé notamment de représentants syndicaux. Les premiers fonds de ce genre ont été créés au Québec en 1982. Le gouvernement fédéral a récemment délaissé ces fonds


parce qu’il considère qu’ils n’aident pas assez à créer des entre- prises novatrices. À la place, il a mis sur pied le Plan d’action sur le capital de risque (PACR), qui fournit un financement d’ac- compagnement ou investit dans des fonds de fonds si le promo- teur peut mobiliser 2 $ pour chaque dollar de deniers publics investis. Le gouvernement de l’Ontario s’est aussi engagé pour 500 M$ et il finance des incubateurs d’entreprises. Kensington Capital Partners, une SCR de Toronto fondée il y


a 19 ans et dont les investissements totalisent 600 M$, a mobi- lisé 160 M$ l’automne dernier dans le cadre d'un nouveau fonds de capital-risque, auquel le gouvernement du Canada a versé 64 M$ dans le cadre du PACR. Fait intéressant, les autres commanditaires de ce fonds comprennent la plupart des grandes banques, qui ont habituellement tendance à éviter le financement du capital-risque (elles ne comptent que pour 10 % de ce financement). Les opinions quant au potentiel du PACR sont partagées.


Douglas Cumming, de la Schulich School of Business de l’Uni- versité York, estime que le programme et son équivalent onta- rien sont prometteurs, mais selon lui, ils ne fourniront pas un financement suffisant. John Lester, membre de la School of Public Policy de l’Univer-


sité de Calgary et ancien économiste au ministère fédéral des Finances, est en faveur du financement d’accompagnement,


Atsushi Tomura/Getty Images


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