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financières qu’elles ont subies. Selon ce site, on estime qu’au cours des 10 prochaines années, les pratiques d’Herbalife feront perdre entre 2 G$ US et 4 G$ US aux consommateurs. Le système de vente pyramidale existe sans doute depuis des


siècles, mais la variante moderne remonte à 1919, lorsque le tristement célèbre Charles Ponzi s’est enrichi de quelque 15 M$ US en offrant un rendement de 50 % en 90 jours sur les sommes confiées à sa société d’investissement établie à Boston. Il procédait en payant Pierre avec les investissements de Paul, jusqu’à ce que le stratagème finisse par imploser. D’innombrables opérations pyramidales, comme les chaînes de lettres, ont vu le jour au XXe


siècle. Puis, la vente multiniveau


est apparue. Certaines opérations légitimes visaient à vendre un produit réel (articles de Fuller Brush ou cosmétiques de Mary Kay), mais bon nombre relevaient de la vente pyramidale. Parfois, il n’y avait même pas de produit à vendre. Depuis une quinzaine d’années, un système de vente pyrami-


dale vise les femmes. Connu sous diverses appellations (dont Women’s Giſting Circle), il cible des femmes qui veulent prendre en main leur situation financière pour se libérer de l’emprise des hommes. Elles doivent investir une certaine somme, puis recruter d’autres femmes pour élargir le groupe. L’un de ces nombreux cercles existait près de Toronto il y a


quelques années. Bien qu'instruites et prévenues qu’en l’ab- sence d’un produit réel pour générer un profit, la pyramide fini- rait par s’écrouler, de nombreuses femmes ont investi des sommes considérables dans l'affaire. En 2013, l’escroquerie est réapparue en Colombie-


Britannique. Le sergent Marko Shehovac, de la GRC, a présenté un rapport sur un groupe de huit femmes à qui un cercle avait demandé d’investir 5 000 $ chacune. « On vous dit qu’il n’est pas certain que vous obtiendrez un produit ou recevrez quoi que ce soit en échange de votre généreux don, écrit-il dans son rapport. Vous devez comprendre que vous faites à la première personne du cercle un don qui rapportera 40 000 $ et qu’il s’agit bien d’un don. Si, plus tard, vous intentez une poursuite parce que vous n’avez pas obtenu les 40 000 $ prévus, le cercle niera toute inten- tion ou activité criminelle. Les activités d’un tel cercle consti- tuent un acte criminel [en vertu de la Loi sur la concurrence]. » Le concept, explique-t-il, consistait à inciter chacune des huit


femmes à former son propre cercle en se mettant en tête de la liste. « J’ai appris que la personne à l’origine du cercle était pré- sentée comme le "dessert", les deux personnes inscrites sous son nom, le "plat principal", les quatre autres, la "soupe" et la "salade", et les huit nouvelles recrues, les "hors-d’œuvre". » « Les 12 % qui amorcent ce stratagème ont des chances de


décrocher leurs 40 000 $, et elles peuvent promettre de vous aider à trouver des recrues. Le "dessert" empoche ses 40 000 $ et quitte le cercle pour en créer un autre. Quant aux autres 88 %, elles disent adieu à leur argent et à certaines amies. »


D’autres opérations pyramidales menées au Canada ont


porté sur des sommes encore beaucoup plus élevées. En février 2014, un juge fédéral a adjugé 6,5 M$ à 2 000 personnes qui avaient investi dans UltraLife Club par l’entremise d’une société de Mississauga (Ont.) appelée Business In Motion International, a rapporté CBC News. « La société était dirigée par Alan Kippax, dont le nom avait déjà été mentionné dans une enquête de l’émission Marketplace de CBC portant sur une opé- ration pyramidale en Colombie-Britannique. » Les participants aux réunions qui étaient tenues par


M. Kippax devaient payer des droits d’entrée de 3 200 $ pour acheter des forfaits vacances d’une valeur de 9 000 $ qu’ils pou- vaient ensuite revendre. « Ces forfaits n’étaient même pas avan- tageux, a souligné CBC. L’entreprise de M. Kippax avait toujours besoin de nouvelles recrues pour maintenir les profits des diri-


D'innombrables opérations pyramidales ont vu le jour au XXe


siècle.


geants. Le tribunal a qualifié ce stratagème d’opération pyrami- dale classique. » M. Kippax a été accusé de diriger l’arnaque, mais au moment d’aller sous presse, il n’avait encore fait l’objet d’aucune action judiciaire. À la fin de 2014, Herbalife était également aux prises avec la


justice. En décembre, Reuters a rapporté que la société avait obtenu l’approbation préliminaire de la cour quant à un « règle- ment de 15 M$ US à la suite d’un recours collectif qui l’accusait d’exploiter un système de vente pyramidale trompant les distri- buteurs au sujet des sommes susceptibles d'être gagnées. En vertu de ce règlement, Herbalife doit aussi remettre jusqu’à 2,5 M$ US aux distributeurs qui retournent les produits inutili- sés ». La société n’a toutefois admis aucun acte répréhensible. Ce résultat n’a pourtant pas découragé Bill Ackman. Le


1er


janvier dernier, il a annoncé qu’il poursuivrait sa campagne contre Herbalife en s’adressant à la communauté hispanique. Si de nombreux aspects des pyramides égyptiennes restent


un mystère, les méandres des pyramides à la Ponzi sont beau- coup plus faciles à comprendre. Lorsque dans une entreprise de vente multiniveau, il existe un produit dont la vente rapporte un profit raisonnable, la société est probablement légitime. Si le véritable produit est le recrutement d’autres distributeurs, il s’agit non seulement d’un système pyramidal illégal, mais d’un château de cartes sur le point de s’écrouler.


DAVID MALAMED, CPA, CA•EJC, CPA (ILL.), CFF, CFE, CFI, est associé en juricomptabilité au cabinet Grant Thornton LLP à Toronto.


AVRIL 2015 | CPA MAGAZINE | 45


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