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Fraude ARNAQUES EN TOUS GENRES
DAVID MALAMED
Une bonne affaire ou un château de cartes?
Pershing Square se montre très critique à l’égard d’Herbalife.
« Les distributeurs gagnent 10 fois plus d’argent en recrutant des participants qu’en vendant leurs produits à prix fort à de véri- tables acheteurs au détail, lit-on dans un document publié en 2012. Les distributeurs d’Herbalife sont donc incités à recruter énergiquement de nouveaux participants dans un système qui, à l’instar d’une chaîne de lettres, ne peut que décevoir les per- sonnes en fin de liste qui ne trouvent pas de recrues. » Dans un autre document, Pershing Square a diffusé des
E
N DÉCEMBRE 2012, l’investisseur milliardaire Bill Ackman a lancé une campagne visant à prouver qu’Herbalife International, une société américaine de
vente multiniveau (ou de commercialisation à paliers mul- tiples), exploitait en fait un système de vente pyramidale. M. Ackman, fondateur et chef de la direction du fonds de cou-
verture Pershing Square Capital Management LP, a annoncé que sa société adoptait une position vendeur importante à l’égard de la société cotée Herbalife, qui met au point, vend et commercia- lise une gamme de produits en rapport avec la nutrition, la gestion du poids et les soins de la peau. Le montant exact de la participation de Pershing Square a
fluctué depuis 2012, mais on pense qu’il s’établit au moins à quelques centaines de millions de dollars, contre un milliard de dollars américains à l’origine. Dans des entrevues et des documents publiés par
Pershing Square, M. Ackman a soutenu qu’Herbalife s’em- ployait essentiellement à recruter de nouveaux investisseurs. Il a déclaré à CNN : « Seule une infime fraction de 1 % des gens gagnent vraiment leur vie en travaillant avec Herbalife. Plus de 90 % d’entre eux abandonnent vite. Ce système de vente pyrami- dale constitue une variante moderne et raffinée d’une combine à la Ponzi. On en dissimule les aspects illégaux au moyen de la vente d'un produit. »
44 | CPA MAGAZINE | AVRIL 2015
extraits d’une vidéo d’Herbalife, datant de 2005, dans laquelle on voit des distributeurs de niveaux supérieur et intermédiaire ainsi que des membres des divers paliers de direction. Selon Pershing Square, les participants à la vidéo, dont Stephan Gratziani, membre du Chairman’s Club, « corroborent en grande partie ce que nous avons dit de la société, à savoir que […] le système de rémunération d’Herbalife incite avant tout à recruter de nouveaux distributeurs plutôt qu’à vendre les pro- duits d’Herbalife à des acheteurs au détail en dehors du réseau de distribution ». Pershing Square ajoute que M. Gratziani recon- naît dans la vidéo que nombre de distributeurs d’Herbalife hésitent à solliciter de nouvelles recrues pour ne pas entraîner leur famille dans une activité aussi exigeante et risquée. En mars 2014, la Federal Trade Commission (FTC) des États-
Unis a annoncé qu’elle enquêterait sur Herbalife. Selon ABC News, cette décision était motivée par les plaintes de la communauté hispanique, dont les membres constituent une part importante des distributeurs d’Herbalife. La société a répondu qu’elle se réjouissait de l’enquête en
raison de la désinformation à son sujet répandue sur le marché et qu’elle collaborerait avec la FTC : « Nous sommes persuadés que nos activités sont conformes aux lois et règlements en vigueur. » Un mois plus tard, Reuters rapportait que le FBI s’inté- ressait aussi à la société. En juillet 2014, Herbalife (précisant qu’elle existait depuis
34 ans, et qu’elle comptait 7 400 employés et des millions de membres dans le monde) a publié un rapport sur les résultats de travaux de recherche et d’analyse menés par Walter H.A. Vandaele, Ph. D., de Navigant Economics LLC, concernant les opérations d’Herbalife aux États-Unis. Selon ce rapport, les activités de la société « sont conformes au modèle socialement utile de la vente multiniveau, et ne correspondent en rien au modèle de la vente pyramidale socialement nuisible ». Sur le site Web
factsaboutherbalife.com, toutefois, des vic- times inscrites auprès d’Herbalife font état des pertes
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