Photo : courtoisie de Mischele Lewis
Photo : Jaime Hogge
Fraude ARNAQUES EN TOUS GENRES
DAVID MALAMED
Sexe, fraude et législation
demandaient à Mme Lewis de répondre à une série de tests bizarres, afin qu’elle puisse obtenir son attestation. On lui posait toutes sortes de questions personnelles. Elle a raconté à Mail Online qu’on lui avait aussi demandé d’effectuer une série de virements bancaires pour prouver sa solvabilité. Elle a donc viré, entre autres, une somme de 4 300 $ US en échange d'une promesse de remboursement. En décembre 2013, M. Allen l’a demandée en mariage, et elle
a accepté avec enthousiasme. Un mois plus tard, elle était enceinte, mais cette nouvelle n’a pas semblé réjouir son fiancé. Puis, les allées et venues de ce dernier sont devenues de plus en plus mystérieuses, ce qui a provoqué chez elle une certaine inquiétude. Au début de février 2014, un jour qu’il avait excep- tionnellement laissé traîner son portefeuille, elle l'a ouvert. Elle y a trouvé une carte d’immigration au nom de
E
N JANVIER 2013, MISCHELE LEWIS, une infirmière du New Jersey alors âgée de 36 ans et récemment divorcée, s’est créé un profil sur un site de rencontres. Après avoir
échangé des courriels avec un certain Liam Allen, elle l’a ren- contré. Cet homme à l’accent britannique était lui aussi natif du New Jersey. Il lui a expliqué qu’ayant passé son enfance en Angleterre et étudié à l’Université d’Oxford, il était revenu aux États-Unis après avoir quitté un emploi au ministère de la Défense du Royaume-Uni, pour lequel il avait notamment piloté des hélicoptères. Comme il vivait un peu partout dans le monde, il était célibataire et sans enfants. Charmant, amusant et affectueux, M. Allen a rapidement
séduit Mme Lewis. Il lui a raconté qu’il avait exercé divers métiers et que maintenant, en tant que garde du corps, il escor- tait des dignitaires étrangers et leurs proches dans leurs dépla- cements entre Washington et New York. Selon The Trentonian, un journal du New Jersey, M. Allen a fini
par raconter à Mme Lewis qu’il était agent secret et que s’ils devaient se marier un jour, il serait préférable qu’elle obtienne une attestation de sécurité. Elle pourrait ainsi lui téléphoner en tout temps par ligne sécurisée, quels que soient la nature et le lieu de sa mission secrète. Elle a accepté. Pendant les mois qui ont suivi, des appels téléphoniques et des messages textes de deux hommes se sont succédé. Ceux-ci
50 | CPA MAGAZINE | MARS 2015
William Allen Jordan, relate Mail Online. Quelques jours plus tard, après qu’il lui eut fait faux bond à la Saint-Valentin, elle a fait une recherche sur Google dont le résultat l’a stupéfiée. Le site Web
Lovefraud.com révélait que William Allen Jordan, reconnu coupable d’infraction sexuelle et de bigamie, avait été expulsé du Royaume-Uni vers le New Jersey. En apprenant qui était vraiment le père de son enfant à naître, Mme Lewis a été prise de tremblements… Le site comportait un lien vers un ouvrage publié par l’une des deux épouses britanniques, The Bigamist: The True Story of a Husband’s Ultimate Betrayal, signé Mary Turner Thomson. Mme Lewis a communiqué avec Mme Thomson, qui lui a
révélé que W. A. Jordan avait au moins treize enfants de huit femmes différentes. À un certain moment, il avait eu deux épouses, deux fiancées et une autre petite amie. Mme Lewis a appris que W. A. Jordan était un pédophile et qu’il avait purgé une peine pour avoir agressé sexuellement une mineure. Elle a aussi appris qu’il avait extorqué 198 000 £ (plus de 333 000 $) à Mme Thomson. Enfin, il n’était pas un agent secret, mais un criminel.
En 2006, selon le site
BBC.com, il avait été condamné à cinq ans de prison pour bigamie, tromperie, défaut de s’inscrire comme délinquant sexuel et possession illégale d’un pistolet à décharge électrique. En rendant la sentence, le juge Thomas Corrie, du tribunal d’Oxford, lui avait dit : « Vous êtes un escroc, un pédo- phile et un bigame. Vous êtes un exploiteur invétéré de femmes émotivement et financièrement vulnérables. » Lorsque Mme Lewis a fait part de ses découvertes à son fiancé, il n’en a nié aucune.
Page 1 |
Page 2 |
Page 3 |
Page 4 |
Page 5 |
Page 6 |
Page 7 |
Page 8 |
Page 9 |
Page 10 |
Page 11 |
Page 12 |
Page 13 |
Page 14 |
Page 15 |
Page 16 |
Page 17 |
Page 18 |
Page 19 |
Page 20 |
Page 21 |
Page 22 |
Page 23 |
Page 24 |
Page 25 |
Page 26 |
Page 27 |
Page 28 |
Page 29 |
Page 30 |
Page 31 |
Page 32 |
Page 33 |
Page 34 |
Page 35 |
Page 36 |
Page 37 |
Page 38 |
Page 39 |
Page 40 |
Page 41 |
Page 42 |
Page 43 |
Page 44 |
Page 45 |
Page 46 |
Page 47 |
Page 48 |
Page 49 |
Page 50 |
Page 51 |
Page 52 |
Page 53 |
Page 54 |
Page 55 |
Page 56 |
Page 57 |
Page 58 |
Page 59 |
Page 60 |
Page 61 |
Page 62 |
Page 63 |
Page 64