communautaire. « Les personnes âgées me disent vouloir être en bonne santé, vouloir mener une vie active. » En raison de ses commentaires maladroits, il s'est attiré les foudres des associa- tions d’aînés, des élus locaux et des partis d’opposition. Bien qu’ils soient entourés d’une imposante équipe de rela-
tions publiques, ni Postes Canada ni M. Chopra ne sont à l’abri de la controverse. À la suite de la tempête de verglas et des pannes d’électricité qui ont frappé Toronto en décembre 2013, la société a dû s’excuser d’avoir attendu trois semaines pour faire le point sur les retards dans la livraison. Ces retards ont révélé la morosité des effectifs de la société d’État. Nombre d’employés à temps plein et de remplaçants se sont absentés pendant la tempête de verglas et pendant les pannes. Ne s’étant pas adressé aux Torontois durant la crise, le pdg a ensuite dépêché un porte-parole, Jon Hamilton, pour répondre aux questions du Toronto Star. « Nous aurions dû aviser ces clients, à qui nous présentons toutes nos excuses », a dit ce dernier. Lorsqu’on lui a demandé s’il parlait aussi au nom du pdg, il a répondu : « Oui, au nom de M. Chopra et de Postes Canada. » S’exprimant d’une voix douce et empreinte d’humour,
Deepak Chopra, comptable d’origine indienne et ancien chef de la direction de Pitney Bowes Canada et Amérique latine, a le don de susciter la controverse, tant par ses propres actions que par les changements stratégiques de la société d’État. Il est indénia- blement le premier patron de Postes Canada dont le nom soit autant connu du public, même si on le confond parfois avec son célèbre homonyme Deepak Chopra, réputé gourou du mouve- ment Nouvel Âge. Malgré la notoriété que lui ont value les chan- gements apportés par Postes Canada, l’homme marié, père de deux enfants d’âge universitaire, est très difficile à rencontrer en dehors des bureaux de la société d’État. Membre de quelques conseils d’administration, il évite les projecteurs. « C’est un homme sans prétention, qui se passionne pour son
travail », déclare Jerry Tomberlin, doyen de la Sprott School of Business (Ottawa), dont M. Chopra est membre du conseil consultatif. « Postes Canada a des obligations que la plupart des entreprises n’ont pas, alors que des transformations boule- versent son secteur. Le défi est colossal, mais M. Chopra adore ça. » Il a su prendre des décisions difficiles, mais nécessaires, estime M. Tomberlin. Qu’il se trouve à Ottawa ou à Toronto, M. Chopra a très peu de
temps à lui. « C’est un travail exigeant, et je tiens à prendre le temps de discuter avec nos employés et à participer au dévelop- pement de nos talents. » Ses rares moments de loisir, il les passe avec sa famille. Passionné d’histoire, M. Chopra souligne que la société d’État
qu’il dirige est vieille de 250 ans et qu’elle est donc forcée, comme les compagnies de chemins de fer et de téléphone, de s’adapter très rapidement à de profondes transformations sociales et technologiques. S’il semble avoir la patience requise pour sauver Postes Canada en effectuant des changements
draconiens, il n’arrive pas à « vendre » ces changements aux syn- diqués et aux aînés. Cela dit, aucune des personnes le critiquant n’a parlé de la situation très difficile qui l’attendait quand il est entré en fonctions à Postes Canada. La société était en train d’engloutir 2 G$ dans de l’équipement de tri ultramoderne. C’était sans prévoir la diminution des volumes de courrier qu’al- laient provoquer le iPad et autres technologies. Et pendant ce temps, le déficit de la caisse de retraite progressait vers les 6,3 G$ qu’il atteint aujourd’hui. Michael Warren, un ancien pdg de Postes Canada et partisan
de longue date de sa privatisation, comprend les problèmes de M. Chopra. « Le gouvernement aurait dû agir il y a quatre ou cinq ans, lorsque la société était rentable et presque exempte de dettes. Aujourd’hui, sa dette est énorme et elle a du mal à atteindre la rentabilité. » Les profits trimestriels affichés au milieu de 2014 n’ont pas surpris M. Warren, étant donné les augmentations de tarifs et les compressions de personnel. « Une société qui augmente ses tarifs et qui diminue ses services réalise nécessairement un profit à court terme. » Mais il doute de la possibilité d’un redressement : « La situation semblera bonne pendant un an ou deux, après quoi les problèmes de fond ressurgiront. » (M. Chopra ne prévoit aucune « rentabilité durable » avant 2018-2019.) M. Warren est particulièrement préoccupé par l’énorme
déficit de la caisse de retraite qui, comme tous les régimes à prestations déterminées, est grevée par la longévité accrue des participants et la faiblesse des taux d’intérêt, de même que par une main-d’œuvre vieillissante et des prestations pleinement indexées. M. Chopra a commencé à discuter avec le syndicat pour trouver une solution durable à ces problèmes. Étant donné les chiffres qui menacent l’existence de
Postes Canada, M. Chopra considère son expérience en compta- bilité comme un élément essentiel de ses compétences. « Cela fait partie de mon ADN. C’est ma seconde nature : je tiens auto- matiquement compte des aspects financiers de mes décisions, qui sont les aspects cruciaux de toute décision. Je mets à profit chaque facette de ma formation, et j’en suis très fier. » À moins d’un an de la fin de son mandat de cinq ans,
M. Chopra hésite à dire s’il partira en 2016 ou s'il demeurera en poste jusqu’à ce que la rentabilité soit atteinte. « J’ai toujours cru que les institutions étaient plus grandes que les individus », dit-il, rappelant qu’il n’est pas seul à diriger la société de 66 000 employés. « Si le conseil d’administration désire que je poursuive la mission, je le ferai. » Quoi que lui réserve l’avenir, M. Chopra estime que l'essentiel
du travail a déjà été presque accompli en totalité et que les ten- sions qui en ont résulté sont maintenant choses du passé. « Notre société est tellement robuste et comporte tellement de talents que les changements se poursuivront avec ou sans moi. »
PAUL BRENT est un rédacteur indépendant établi à Toronto. MARS 2015 | CPA MAGAZINE | 29
Richard Lautens / Toronto Star/
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