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LES CANADIENS CONTINUENT DE S’ENDETTER


L’effet domino de l’immobilier Bien des Canadiens sont préoccupés par les effets d’une hausse des taux sur le marché immobilier et, par ricochet, sur l’ensemble de l’économie. De nombreux organismes et


médias, comme l’OCDE, le Fonds monétaire international (FMI) et l’hebdomadaire The Economist, de même que certains économistes réputés ont prédit l’éclatement d’une bulle immo- bilière au Canada, notamment parce que le prix des maisons a grimpé beaucoup plus vite que les salaires moyens. Les répercussions sur l’ensemble de l’économie ne doivent


pas être prises à la légère. Près de la moitié (45 %) de la crois- sance du PIB depuis 2000 au Canada est directement liée aux secteurs de la construction, de la finance, de l’assurance, de l’immobilier, etc., d’après les données de Ben Rabidoux, pré- sident de North Cove Advisors, une firme de recherche spéciali- sée dans l’économie et le marché immobilier canadiens. « C’est très inquiétant. Il y a maintenant une grande part de


l’économie qui est sensible aux taux d’intérêt », dit M. Rabidoux. Ces dernières années, le marché immobilier et son effet domino sur de nombreux secteurs d’activité ont propulsé l’éco- nomie. Toutefois, l’inverse est également possible. « Les indus- tries qui dépendent de l’immobilier génèrent près de 27 % du PIB annuel en ce moment, comparativement à 23 % au tour- nant des années 2000. Ces industries ont tendance à prendre de l’expansion lorsque l’immobilier va bien, mais elles se contractent quand ce dernier connaît une période creuse. » Notons également que les dépenses en rénovation ont doublé


sur le plan de la valeur réelle (ajustée à l’inflation) en une décen- nie. Une grande partie de ces dépenses est financée par des marges de crédit hypothécaires, elles aussi très sensibles aux fluctuations des taux d’intérêt. « Si les taux d’intérêt grimpaient, je ne crois pas que nous assisterions à un atterrissage en douceur, dit M. Rabidoux. Ce serait plutôt brutal. Une hausse de 1 % pendant un certain temps entraînerait une réduction d’en- viron 20 % des ventes dans le secteur de l’immobilier. » Les experts ne sont cependant pas tous aussi pessimistes.


« Avoir une dette est une chose, mais ce qui compte, c’est d’être capable de la rembourser », rappelle Stephen Gordon, profes- seur d’économie à l’Université Laval, à Québec, et blogueur aux sites Web Canadian Worthwhile Initiative et macleans.ca. « Un des éléments déclencheurs de la crise aux États-Unis a été la hausse soudaine de la part du revenu disponible que les Américains devaient dépenser pour couvrir l’augmentation de leurs paiements hypothécaires. Or, au Canada, le ratio du


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Même si le niveau des dettes à la consommation augmente plus lentement que les revenus, les Canadiens sont de plus en plus endettés. Selon un rapport de la BMO, de 2013 à 2014, la dette moyenne des ménages canadiens est passée de 72 045 $ à 76 140 $. L'Alberta est la province où l'endettement a été le plus important : pour la même période, il est passé de 89 026 $ à 124 838 $, une hausse de 40 %. Cette situation est surtout attribuable à la hausse constante du prix des maisons et aux prêts hypothécaires qui les accompagnent. Le taux d'endettement des Canadiens bat des


records, oscillant autour de 163 % de leur revenu disponible. Ainsi, un Canadien moyen doit 1,63 dollar pour chaque dollar qu'il gagne au cours d’une année. Le fournisseur canadien de solutions de gestion du crédit TransUnion a estimé que durant les cinq années qui ont suivi la crise financière, l'inflation a augmenté de 9 %, mais les dettes autres qu’hypothécaires comme les cartes de crédit, les prêts automobiles et les marges de crédit ont fait un bond de 37 %.


service de la dette demeure bas depuis plus de 20 ans. Même si le montant des dettes a augmenté, les Canadiens conservent la même marge de manœuvre pour payer leur hypothèque. » Il n’est bien sûr pas souhaitable que les taux d’intérêt montent, dit M. Gordon, mais on n’assisterait pas à un crash financier comme celui survenu aux États-Unis. « Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’inquiéter, mais un atterrissage en douceur, notam- ment dans le marché immobilier, demeure plus probable. »


Les taux monteront-ils? « Pourquoi les taux d’intérêt augmente- raient-ils? s’interroge M. Gordon. En fait, les taux sont en hausse quand l’économie va bien, quand l’inflation se situe près de la cible de la


Banque du Canada, quand l’économie croît et que le marché de l’emploi se porte bien. Tous ces facteurs représentent de bonnes nouvelles. » Alex Koustas, économiste chez BMO Marché des capitaux,


abonde dans le même sens. « C'est uniquement dans le cas où l’économie progresserait plus rapidement qu’escompté, se caractérisant par de meilleurs salaires, moins de chômage et un meilleur PIB, que nous pourrions connaître une hausse plus prononcée que prévu. Ces effets positifs viendraient atténuer les effets négatifs qu’une hausse des taux entraînerait. » Soulignons toutefois que la Banque du Canada contrôle


surtout les taux d’intérêt à court terme et non l’ensemble de l’économie. En 2013, lorsque la Réserve fédérale américaine a


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