taux d’intérêt des faibles L’ère Les hypothèques variables ont la cote, mais
qu'arrivera-t-il si les taux grimpent? Les propriétaires pourront-ils continuer de payer leur hypothèque?
par David Descôteaux P illustration : Harry Campbell/iSpot
ERSONNE NE SAIT QUAND les taux d’intérêt vont augmenter, mais nous devrons tôt ou tard y faire face. Le problème, c’est que les Canadiens sont plus endettés que jamais. Le marché immobilier, un important moteur de croissance économique
depuis plusieurs années, s’essouffle. L’économie a été dopée par les faibles taux d’intérêt des dernières années. Ce sont ces mêmes faibles taux qui lui permettent aujourd’hui de tourner. Que se passerait-il si les taux se mettaient à grimper d’un à
trois points de pourcentage? Quelle serait l’incidence sur le marché immobilier? Combien de Canadiens ne pourraient plus payer leur hypothèque? Même le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, l’admettait récemment lors d’une entrevue à la CBC : vu l’endettement élevé des Canadiens, une hausse des taux d’intérêt pourrait créer une onde de choc. Notre économie est-elle dépendante des faibles taux d'intérêt, et quelle hausse pourrait-elle encaisser sans s'effondrer?
Une marge de manœuvre étroite Prenons l’exemple suivant : vous avez acheté une maison au prix de 350 000 $. Si vous avez versé une mise de fonds de 35 000 $ et si vous avez obtenu un prêt hypothécaire de 25 ans
au taux variable de 3 %, vous payez des versements mensuels de 1 530 $. Si le taux d’intérêt montait à 5 %, vous devriez alors payer 1 886 $. Pourriez-vous trouver les 356 $ de plus à payer chaque mois? (voir le tableau à la page 41).
38 | CPA MAGAZINE | MARS 2015 « Les gens deviennent de plus en plus dépendants du taux
directeur de la Banque du Canada (qui influence les taux préfé- rentiels offerts par les banques). C’est un phénomène plus marqué qu'auparavant, car les gens recherchent les paiements les plus bas possible, même si ceux-ci sont à plus court terme », rapporte Stéphane Bruyère, courtier chez les Architectes hypo- thécaires. « À l’heure actuelle, 80 % de mes clients optent pour des taux variables. Quand un taux variable oscille autour de 2 % ou 3 %, peu de gens veulent prendre un taux fixe de cinq ou dix ans, même si celui-ci se situe à peine à plus de 4 %. » Elena Jara est directrice de l’éducation chez Credit Canada
Debt Solutions. Elle se souvient du moment où les taux d’intérêt ont connu une hausse d’un quart de point de pourcentage il y a quelques années. « Ça a touché principalement les personnes qui avaient contracté des hypothèques variables. Même avec une hausse d’un quart de point, j’ai vu beaucoup de gens avoir peine à boucler leur budget parce que leurs versements mensuels pou- vaient avoir fait un bond de plus de 100 $. Ils étaient obligés de réduire leurs sorties ou encore leurs emplettes à l’épicerie. Une hausse des taux, même minime, peut avoir une incidence énorme sur notre économie. » « Les gens vivent actuellement avec des budgets très serrés,
ajoute Stéphane Bruyère. Si les taux étaient majorés, ne serait-ce que d’un pour cent, ce serait problématique! Certaines per- sonnes auraient encore plus de difficultés à joindre les deux bouts, et davantage actuellement, étant donné les augmenta- tions prévues des services. »
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