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Sur la scène canadienne DAVID DESCÔTEAUX


L'étonnante résilience canadienne


automobile des particuliers a quadruplé, passant de 16,2 G$ en 2007 à environ 64 G$ en 2013. Un marché que les banques canadiennes, attirées par des rendements découlant de taux d'intérêt plus élevés, accaparent de plus en plus. Ce marché se concentre maintenant sur le « prêt-ballon », qui revient à s'en- detter en achetant une nouvelle voiture avant d'avoir remboursé le prêt précédent lié à une autre voiture. Nous débordons d'ima- gination quand il s'agit de recourir au crédit! Notons que l'économie du Canada est fortement tributaire


du prix des ressources naturelles. Au moment d'écrire ces lignes, l'once d'or se négociait à 1 275 $ US, alors qu'elle valait 1 900 $ US l’once il y a environ trois ans. Les producteurs auri- fères canadiens voient leurs revenus diminuer, tout comme la valeur des actions de leur société. Quant au pétrole, il est passé de plus de 100 $ le baril en 2011


L’INSTAR DE PLUSIEURS OBSERVATEURS, je m'attends depuis longtemps à ce que l'économie canadienne se réveille un jour avec une gueule de bois, après avoir trop fêté ces dernières années. Jusqu'ici, j'ai eu tort... Malgré les nuages qui s'amoncellent au-dessus de notre éco-


À


nomie (chute du prix des ressources naturelles, bulle immobi- lière, endettement inquiétant des citoyens et des gouverne- ments provinciaux, nombreuses pertes d'emplois dans certaines provinces), le Canada file de l'avant. Il me fait penser à ces personnages de dessins animés qui continuent de courir, mais dans le vide, quand ils ont franchi le sommet d'une falaise.


Où est le « mur »? La bulle immobilière refuse obstinément de se dégonfler. Pourtant, l'indice du prix des maisons au pays, calculé en fonc- tion du taux d'inflation, a doublé depuis 2000, selon la firme North Cove Advisors, sans que les salaires aient suivi cette aug- mentation. Chaque jour, les Canadiens franchissent un nouveau seuil record d'endettement. On craint de heurter un jour le fameux « mur », qui n’apparaît toujours pas à l’horizon. Depuis 2007, les prêts automobile ont quadruplé au Canada,


ce qui placerait les consommateurs et les banques dans une situation délicate si l’économie venait à ralentir. Selon la chaîne de nouvelles économiques Argent, la valeur des prêts


20 | CPA MAGAZINE | MARS 2015


à moins de 50 $ US l’hiver dernier. Or, un projet de développe- ment pétrolier sur quatre deviendrait à risque si le prix du pétrole diminuait en deçà de 80 $ US, soulignait récemment l'Agence internationale de l'énergie. Plusieurs projets font leurs frais à partir de 75 $ US le baril, d'autres à un prix moindre, mais certains projets ne sont financièrement viables que si le prix du pétrole atteint 100 $ US le baril. Une baisse soutenue du prix de l'or noir engendrera des répercussions considérables pour le Canada. La grande majorité des emplois créés au pays en 2014 se situaient en Alberta et en Saskatchewan, où le pétrole est un moteur économique important, tandis que dans d'autres pro- vinces, comme le Québec, les pertes d’emplois se multiplient. Pourtant, si l’on se fie à un récent rapport de BMO Banque de Montréal, l'économie canadienne devrait connaître une crois- sance vigoureuse en 2015. Remarquez que je ne me souviens pas qu'une de nos grandes banques ait déjà prédit une mau- vaise année sur le plan économique. Ce scénario optimiste repose sur la croissance de l'économie américaine, qui stimule- rait à la fois la demande pour nos produits et les exportations canadiennes, mais les prévisions quant à l'économie de nos voisins du Sud sont plutôt pessimistes. Le magazine Business Week, entre autres, prédit que


l’année 2015 affichera un taux légèrement supérieur à 2014, et je vous épargne le nombre de « spécialistes » qui anticipent une récession mondiale en 2015. Le Canada est-il vraiment rési- lient? Sans aucun doute. Mais pour combien de temps encore?


DAVID DESCÔTEAUX est chroniqueur économique dans la région de Montréal.


John-Patrick Thomas


Photo : Yanick Dery


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