port aux niveaux projetés pour satisfaire la demande à l’horizon 2050. Une telle éventualité nécessiterait de nouveaux moyens d’accroissement de l’offre d’aliments.
A cet égard, deux réactions pourraient se produire. L’une se- rait le renforcement de l’effet de prix qui se traduirait par une augmentation du nombre de sous-alimentés et de malnutris dans le monde, mais aussi par un apport accru d’investisse- ments dans le développement agricole pour compenser (par- tiellement) les baisses de rendement. L’autre réaction pourrait consister en une nouvelle expansion de l’activité agricole, aux dépens des terres incultes et de la biodiversité. Le mode de compensation traditionnel des pertes par une simple extension des terres cultivées dans les zones d’agriculture pluviale à faible productivité entraînerait la disparition accélérée de la forêt, de la steppe et d’autres écosystèmes naturels, avec des conséquen- ces différées sur la biodiversité, le déclin des services fournis par les écosystèmes et l’accélération du changement climati- que. Plus de 80 % des espèces d’oiseaux et de mammifères en danger sont menacées par des pratiques d’utilisation des sols et d’expansion agricole non viables à long terme. En Europe, l’in- tensification de l’agriculture a été l’une des principales causes de la disparition de près de 50 % des espèces d’oiseaux champê- tres de cette région au cours des trois dernières décennies.
Compte tenu de ces effets, les prix alimentaires mondiaux de- vraient renchérir de 30 à 50 % et devenir plus instables au cours des décennies à venir. Il est difficile de déterminer la mesure dans laquelle les agriculteurs des pays en développement réagiront aux effets de prix et aux variations des rendements et de la disponibi- lité de superficies cultivables. Dans diverses régions du monde et particulièrement en Asie centrale et en Afrique, nombre de petits exploitants agricoles sont handicapés par les conditions d’accès au marché et les prix élevés des intrants tels que les engrais et les se- mences. En l’absence d’infrastructures, d’investissements et d’ins- titutions fiables (pour la fourniture d’eau, par exemple) et face à la disponibilité limitée de structures de microfinancement, il sera de plus en plus difficile d’accroître la production agricole dans les ré- gions qui en ont le plus besoin. Par surcroît, les échanges commer- ciaux et l’urbanisation influent sur les préférences des consomma- teurs dans les pays en développement. La diversification rapide des régimes alimentaires en milieu urbain entraîne des exigences qui ne sauraient être satisfaites à travers la traditionnelle chaîne
d’approvisionnement alimentaire qui, dans bon nombre de pays en développement, est ancrée dans les régions reculées. Dans ces conditions, il apparaît plus facile et moins coûteux d’importer des aliments pour satisfaire des besoins alimentaires changeants que d’obtenir les mêmes produits auprès de sources locales.
Dans de nombreux pays, la forte différenciation régionale de la production et de la demande accroît la dépendance à l’égard de produits importés. En même temps, les changements cli- matiques pourraient accentuer la variabilité de la production annuelle, ce qui aurait pour effet d’aggraver l’instabilité futu- re des prix et les risques de spéculation par la suite. A moins d’une intervention des pouvoirs publics, les effets combinés d’une production déficitaire, d’une forte instabilité des prix et d’une vulnérabilité accrue face aux changements climatiques, notamment en Afrique, pourraient entraîner une augmenta- tion considérable du nombre de personnes souffrant de sous- alimentation – qui est actuellement de 963 millions.
Toutefois, il conviendrait de ne pas se concentrer uniquement sur l’augmentation de la production, car il serait possible de renforcer la sécurité alimentaire en améliorant l’offre par une optimisation de l’efficacité de l’énergie alimentaire. Cette effi- cacité est la capacité de réduire au strict minimum la perte de l’énergie contenue dans les aliments à travers tout le proces- sus d’utilisation, qui comprend la récolte, la transformation, la consommation effective et le recyclage. L’optimisation de cette chaîne permet d’augmenter l’offre alimentaire en limitant les atteintes à l’environnement, à l’instar de l’amélioration de l’ef- ficacité dans le secteur énergétique traditionnel. D’une part, la mise au point de solutions de remplacement des céréales dans les aliments pour animaux, tels le recyclage des déchets et l’uti- lisation des déchets de pêche, pourrait pourvoir à la demande d’énergie des plus de 3 milliards d’individus qui s’ajouteront à la population de la planète ainsi qu’aux besoins qu’engendrerait une augmentation de 50 % des activités agricoles. D’autre part, la réduction du changement climatique repousserait ses effets, notamment sur les ressources en eau de l’Himalaya, au-delà de 2050. En outre, une grande transition vers la production écologique et l’inversion de la tendance à la dégradation des sols contribueraient à freiner la prolifération des espèces enva- hissantes, à préserver la biodiversité et à protéger le système de production alimentaire de la planète.
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