IMPACTS DE LA RARÉFACTION DE L’EAU SUR LES RENDEMENTS
L’eau est essentielle non seulement pour la survie, mais aussi, bien plus que les nutriments, à la production alimentaire. L’agri- culture absorbe près de 70 % de la consommation d’eau, certaines estimations allant jusqu’à 80 % (Hanasaki et coll., 2008a,b). Les pénuries d’eau toucheront plus de 1,8 milliard de personnes d’ici à 2025 (OMS, 2007). Cela pourrait avoir de profondes conséquences sur la santé, particulièrement dans les zones rurales, ainsi que des répercussions considérables sur la productivité des agriculteurs. Bien qu’ils constituent un facteur important, ces effets indirects ne sont pas abordés dans le cadre de la présente étude. Les projections actuelles tendent à montrer que la demande d’eau devrait doubler d’ici à 2050 (figure 20). Certaines estimations indiquent que les prélèvements d’eau devraient augmenter de 22 à 32 % d’ici à 2025 (De Fraiture et coll., 2003) et quasiment doubler à l’horizon 2050, selon tous les scénarios SRES (Shen et coll., 2008). Dans les pays pauvres qui subissent une croissance démographique rapide et une diminution accélérée des eaux souterraines, l’insécurité alimen- taire due au déficit de ressources en eau est un problème qui va s’aggravant (Rosegrant et Cai, 2002; Yang et coll., 2003). A la forte consommation d’eau à des fins agricoles, industrielles et urbaines
Besoin de ressources en eau pour la production alimentaire (en kilomètre cubes par année)
8 000 2015 6 000 2002 4 000 1990 1980 2 000 1970 1960 0
Figure 20. Variations historiques et projetées de la consommation d’eau pour la production alimentaire, 1960–2050.
50 2050 2030 Besoins d'eau
supplémentaires par rapport aux niveaux de 2002 pour
éliminer la pauvreté à l'horizon 2030 ou 2050
Besoins d'eau
supplémentaires par rapport aux niveaux de 2002 pour atteindre la cible relative à la faim d’ici à 2015
Le problème d’eau est probablement l’un des plus impor- tants facteurs qui limitent l’accroissement de la production alimentaire. Les rendements des terres irriguées sont, en moyenne, deux ou trois fois plus élevées que ceux des ter- res de cultures pluviales. Actuellement, 40 % des aliments disponibles dans le monde sont produits sur 17 % des ter- res irriguées (FAO, 1999), qui sont en majeure partie en aval et tributaires des fontes de glaciers et de neiges dans la région de l’Hindu Kush-Himalaya. Il est évident que dans les régions où les masses de neige et de glace sont les prin- cipales sources d’eau d’irrigation, comme en Asie centrale et dans certaines parties de l’Hindu Kush-Himalaya, de la Chine, de l’Inde, du Pakistan et des Andes, les fontes en- traîneront à terme une diminution considérable des quan- tités d’eau disponibles pour l’irrigation et, par ricochet, de la production alimentaire (figure 21).
La fonte des glaciers aura plus d’impacts dans certains pays que dans d’autres, ainsi que des effets étendus sur la pro- duction d’énergie hydroélectrique. Par exemple, en plus de
s’ajoute un autre facteur important, la destruction de bas- sins d’alimentation et de châteaux d’eau naturels, telles les forêts situées dans les bassins versants et les zones humi- des, qui servent aussi de tampons en cas de crues et d’inon- dations (PNUE, 2005).
Des études réalisées sur 128 grands bassins fluviaux et zones de réception montrent qu’environ 20 à 50 % du débit annuel moyen de cours d’eau situés dans différents bassins doit être réparti entre différents écosystèmes d’eau douce pour les maintenir en bon état écologique. Actuellement, dans de vastes régions d’Asie et d’Afrique du Nord et dans certaines parties de l’Australie, de l’Amé- rique du Nord et de l’Europe, les prélèvements totaux d’eau effectués directement (en majeure partie pour l’irri- gation) empiètent déjà sur les réserves d’eau nécessaires à l’environnement (Smakhtin et coll., 2004). La consom- mation mondiale d’eau « bleue » (eau d’irrigation dérivée de cours d’eau, de lacs et d’aquifères) et d’eau « verte » (précipitations) tant par l’agriculture pluviale et irriguée que par d’autres écosystèmes terrestres est en constante augmentation (Rost et coll., 2008).
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