», car elle libérera dans l’atmosphère un volume de CO2 17 à 420 fois plus élevé que celui des émissions de gaz à effet de serre que ces biocombustibles permettraient de réduire chaque année en se substituant aux combustibles fossiles (Fargione et coll., 2008; Searchinger et coll., 2008). Dans le cas de l’éthanol à base de maïs, plutôt que d’assurer des économies de 20 %, il fera doubler quasiment les émissions de gaz à effet de serre en l’espace de 30 années (Searchinger et coll., 2008). Aux Etats- Unis, la culture du panic raide comme biocombustible dans les zones de production du maïs aurait pour effet d’augmenter les émissions de 50 % (Fargione et coll., 2008). Il est évident que le potentiel des biocombustibles réside principalement dans l’ex- ploitation de la biomasse résiduelle ou de la biomasse cultivée sur des terres agricoles abandonnées ou dégradées abritant des cultures pérennes (Banque mondiale, 2007; FAO, 2008).
La culture des biocombustibles se trouve aussi en concurrence avec la production alimentaire (Banse et coll., 2008). En effet, l’équivalent en maïs de l’énergie requise pour faire rouler une automobile pendant quelques minutes pourrait nourrir une personne pour une journée, alors que l’équivalent d’un plein d’éthanol dans un grand véhicule utilitaire sport à quatre roues
motrices pourrait nourrir une personne durant une année. Se- lon un récent rapport établi par l’OCDE et la FAO (2007), les prix alimentaires sont censés subir une augmentation de 20 à 50 % d’ici à 2016 du fait de la production de biocarburants, en- tre autres facteurs. Déjà, des hausses exorbitantes des prix des produits alimentaires ont donné lieu à de vives protestations et de violentes manifestations dans diverses régions du monde en 2008. Les scénarios actuels de l’OCDE qui sont construits selon les modèles IMAGE prédisent un accroissement moyen de la proportion de terres consacrées à la production de bio- combustibles de l’ordre de 0,5 % de l’ensemble des superficies cultivables en 2008, puis de 2 % à l’horizon 2030 (fourchette de 1 à 3 %) et de 5 % à l’horizon 2050 (fourchette de 2 à 8 %).
Les projections révèlent aussi une augmentation des autres cultures non alimentaires. A titre d’exemple, le coton est censé occuper une part supplémentaire de 2 % des terres arables d’ici à 2030 et de 3 % à l’horizon 2050. Sur cette base, l’augmenta- tion globale des terres agricoles affectées rien qu’aux combusti- bles et au coton pourrait se situer dans la fourchette de 5 à 13 % d’ici à 2050, ce qui serait de nature à influer négativement sur la production alimentaire et la diversité biologique.
PERTES DE TERRES AGRICOLES DUES AU DÉVELOPPEMENT URBAIN
L’aménagement d’infrastructures et le développement urbain se déroulent à un rythme très rapide (ONU, 2008). Les im- plantations de populations se font essentiellement aux dépens des terres agricoles puisque, historiquement, elles ont lieu dans les zones les plus productives (voir, par exemple, Maizel et coll., 1998; Goldewijk, 2001, 2005; Klein Goldewijk et Beu- sen, 2009). Ainsi, au fur et à mesure de la croissance des ag- glomérations urbaines et rurales, les terres agricoles adjacentes se contractent pour faire place à des infrastructures urbaines comme les routes et le logement. Sur le plan mondial, les es- timations de l’étendue des zones bâties se situaient, en 2000, entre 0,2 et 2,7 % de la superficie émergée du globe (Potere et Schneider, 2007), cinq des sept estimations réalisées étant en deçà de 0,5 %. Les écarts observés sont dus pour la plupart à l’utilisation de diverses définitions de la notion de zone bâtie, ainsi qu’aux différences entre les données satellitaires et les données d’inventaire. Tous ces pourcentages portent sur 0,3 à 3,5 millions de kilomètres carrés de terres dans le monde, qui semblent à priori ne pas être disponibles pour la production ali-
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mentaire. Toutefois, le PNUD (1996) a indiqué que 15 à 20 % des aliments disponibles dans le monde étaient produits dans des zones (péri)urbaines (bien qu’on ne sache pas clairement si certaines parties de la zone dite périurbaine sont déjà prises en compte dans l’inventaire des terres agricoles ou non, les estima- tions du PNUD étant par ailleurs entachées d’une forte marge d’incertitude et de variabilité entre les villes ou les régions).
Les estimations futures réalisées à titre préliminaire avec la mé- thode HYDE (Beusen et Klein Goldewijk) et selon la variante du scénario de croissance démographique médian retenue par l’ONU (2008) révèlent que sur la base d’un accroissement de la population urbaine mondiale qui passerait de 2,9 milliards d’individus en 2000 à 5 milliards en 2030 puis à 6,4 milliards en 2050, les zones bâties devraient s’étendre pour passer de 0,4 % de la superficie émergée totale du globe en 2000 à environ 0,7 % vers 2030 puis à 0.9 % vers 2050, ce qui correspondrait à 0,5 million, 0,9 million et 1,2 million de kilomètres carrés, respectivement.
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