Combien de personnes peut-on nourrir avec les quantités de céréales affectées à l’alimentation des animaux?
D’ici à 2050, 1,573 millions de tonnes de céréales seront utili- sées chaque année à des fins non alimentaires (FAO, 2006a), y compris au moins 1,45 million de tonnes supposément utilisées pour l’alimentation des animaux. On peut estimer modestement que chaque tonne de céréales contient 3 millions de kilocalories. Cela signifie que l’utilisation annuelle de céréales à des fins non alimentaires représente 4 350 milliards de kilocalories. En sup- posant que les besoins énergétiques journaliers sont de 3 000 kilocalories, cela correspond à environ 1 million de kilocalories par personne par an.
En termes de valeur calorique, les quantités de céréales affectées à des utilisations non alimentaires sont suffisantes pour couvrir les besoins d’environ 4,35 milliards de personnes. Il serait plus exact de prendre dûment en compte l’apport calorique des pro- duits animaux. Si on considère que toutes les utilisations non alimentaires sont destinées à nourrir des animaux producteurs d’aliments, sachant qu’il faut 3 kilogrammes de céréales pour pro-
ces considérations s’appliquent aussi à l’élevage, il est probable- ment plus facile de changer l’alimentation destinée au bétail ou à l’aquiculture que de modifier les choix et les habitudes alimen- taires des humains, qui sont plus difficiles à contrôler. Les pro- duits céréaliers étant de plus en plus utilisés dans l’alimentation des animaux, soit 35 à 40 % de la production céréalière totale de 2008 et un niveau avoisinant 45 à 50 % à l’horizon 2050 si la consommation de viande augmente (FAO, 2006; 2006b), le dé- veloppement d’autres sources d’aliments fourragers fournit de réelles possibilités d’accroître la disponibilité de céréales pour la consommation humaine. Pour que d’autres sources fourragères puissent remplacer les céréales sur une base durable, il faudrait que leur exploitation n’exige pas de grandes quantités de res- sources. Cela représente un grand défi à relever, dans la mesure où toutes les sources fourragères facilement accessibles ont déjà été pleinement exploitées, même s’il est vrai que certaines solu- tions de rechange sont encore à explorer.
La cellulose est la matière biologique la plus abondante dans le monde, mais l’énergie qu’elle contient n’est pas directement utilisable dans la production animale. En raison de l’intérêt que
duire 1 kilogramme de produit animal (FAO, 2006b) et que 1 kilogramme de produit animal contient la moitié des calo- ries que l’on trouve dans 1 kilogramme de céréales (environ 1 500 kilocalories par kilogramme de viande), on obtiendra pour chaque kilogramme de céréales utilisé pour l’alimentation du bétail 500 kilocalories pour la consommation humaine. L’uti- lisation de 1 tonne de céréales à cette fin donnera 0,5 million de kilocalories et la production calorique totale provenant des céréales fourragères sera de 787 milliards de kilocalories. En retranchant cette quantité de la valeur calorique des céréales fourragères estimée au départ à 4 350 milliards de calories, on obtient 3 563 milliards de calories.
Ainsi, compte tenu de la valeur énergétique de la viande pro- duite, les quantités de calories perdues en utilisant les céréales pour nourrir les animaux au lieu de les affecter directement à la consommation humaine correspondent aux besoins caloriques annuels de plus de 3,5 milliards d’individus.
suscite l’utilisation de cette matière pour la production de bioé- thanol, de vastes programmes de recherche ont été lancés en vue de transformer cette cellulose en glucose par voie chimique ou enzymatique. Si un tel projet se révèle réalisable à un coût raisonnable, le glucose d’origine ligneuse pourra, dans une large mesure, remplacer les céréales dans l’alimentation des ruminants et des animaux monogastriques. D’autres sources végétales fibreuses comme la paille, les feuillages et les coques de noix sont également disponibles en grandes quantités. Trou- ver d’autres moyens pour nourrir le cheptel mondial est un des défis majeurs à surmonter (Keyzer et coll., 2005).
Les autres sources d’aliments fourragers non encore pleine- ment exploitées comprennent le varech, les algues et d’autres organismes marins sous-utilisés comme le krill. Cependant, les possibilités qu’elles offrent demeurent incertaines en raison des obstacles technologiques à franchir dans ce domaine. Qui plus est, des préoccupations persistent au sujet des conséquen- ces de leur exploitation sur les écosystèmes. L’utilisation des déchets recèle de plus grandes potentialités pour le développe- ment de sources fourragères de substitution.
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