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IMPACTS DES INFESTATIONS SUR LE RENDEMENT


Il est estimé que les espèces exotiques envahissantes occu- pent désormais la deuxième place parmi les menaces gra- ves qui pèsent sur la biodiversité mondiale, après la dégra- dation et la destruction d’habitats (Mooney et coll., 2000; CBD, 2001; Kenis et coll., 2009). L’augmentation constan- te du nombre d’espèces exotiques envahissantes est censée se poursuivre, selon nombre de scénarios futurs relatifs à la biodiversité mondiale (Sala et coll., 2000; Gaston et coll., 2003; EM, 2005), bien que le changement environnemen- tal puisse aussi rendre certaines espèces locales envahis- santes. Les changements environnementaux (par exemple, l’augmentation des dépôts d’azote ou des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, la fragmentation d’habitats et les variations du climat) pourraient favoriser d’autres infestations (Macdonald, 1994; Malcolm et coll., 2002; Le Maitre et coll., 2004; Vilà et coll., 2006; Song et coll., 2008). Etant donné que les espèces envahissantes ou allogènes englobent 70 % des mauvaises herbes qui nui- sent à l’agriculture (selon des estimations faites aux Etats- Unis) (Pimentel et coll., 2005), l’augmentation de ces espè- ces fait courir un grand danger à la production alimentaire (Mack et coll., 2000; EM, 2005; Pimentel et coll., 2005; Chenje et Katerere, 2006; van Wilgen et coll., 2007).


En Australie, le varroa, parasite très fréquent dans les ruches d’abeilles, peut causer chaque année des pertes estimées à 30 millions de dollars au titre des services de pollinisation libre assurés par les abeilles férales (CSIRO, 2008). La Nou- velle-Zélande a connu récemment une infestation par cet acarien, dont le coût économique devrait se situer entre 267 et 602 millions de dollars et qui pousse les apiculteurs à modifier les pratiques de gestion des ruches (GISP, 2008). Les maladies et certaines espèces allogènes envahissantes comme les ravageurs représentent de sérieux obstacles à la production agropastorale mondiale (Oerke et coll., 1994). Les attaques de nuisibles et de pathogènes ont eu des effets particulièrement sévères sur les rendements agricoles en


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Afrique subsaharienne, région du monde qui est à la fois la plus pauvre et la plus exposée à l’insécurité alimentaire. Il est estimé que ces attaques causent chaque année des pertes de rendement équi- valant à 12,8 milliards de dollars pour huit des principales cultures


Sur le plan mondial, 67 000 espèces de parasites attaquent les cultures, soit 9 000 espèces d’insectes et acariens, 50 000 espèces de pathogènes et 8 000 espèces de mauvaises herbes. Le nombre d’espèces introduites représente 70 % de l’ensemble, ce qui a une forte incidence sur la production alimentaire mondiale.


Partout en Afrique, les espèces exotiques envahissantes du genre Striga ont un impact direct sur les moyens d’existence locaux, qui touche plus de 100 millions de personnes et jusqu’à 40 % des ter- res arables dans les zones de savane. Elles retardent la croissance de la plante de maïs en attaquant la racine pour soutirer les nutri- ments et l’eau qu’elle contient, ce qui a, au-delà des coûts finan- ciers directs, des répercussions sur la sécurité alimentaire (Chenje et Katerere, 2006).


Il est estimé que les maladies et les attaques de ravageurs allogè- nes envahissants causent chaque année des pertes de rendement équivalant à 12,8 milliards de dollars pour huit des principales cultures pratiquées en Afrique (Oerke et coll., 1994).


En Afrique de l’Ouest, le Grand foreur des grains (Prostephanus truncatus) cause des pertes de manioc équivalant à environ 800 millions de dollars par an, ce qui met en péril la sécurité alimen- taire (Farrell et Schulten, 2002).


En Tanzanie, le Grand foreur des grains (Prostephanus truncates) cause des pertes de maïs représentant quelque 91 millions de dol- lars par an (GISP, 2008).


Pimentel et coll. (2001) ont chiffré à environ 1,25 milliard de dollars par an les pertes agricoles dues à l’introduction d’arthropodes en Afrique du Sud.


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