16 février au 2 mars 2017
VU D’ICI
le journal n˚ 127 6
Le jeu, un outil pour permettre aux enfants de mieux réguler leurs émotions
Le jeu, source d’expériences sociales et émotionnelles, intéresse de près les psychologues du Centre interfacultaire en sciences affectives, qui proposent des sessions ludiques ouvertes à tous
sur les processus permettant l’ac- quisition, l’organisation et l’utili- sation de connaissances, l’équipe d’Adam Lobel, sous la direction scientifique d’Andrea Samson, s’intéresse plus particulièrement à l’effet des jeux sur la régulation émotionnelle.
LE JEU, SOURCE D’ÉMOT IONS Selon le psychologue Adam
Session de jeux au Campus Biotech
T
ous les vendredis midi, le hall central du Cam- pus Biotech s’emplit de
joueurs. Sous l’oeil d’une équipe du Centre interfacultaire en sciences affectives (CISA), ils élaborent leurs stratégies, lancent leurs dés ou déplacent leurs figu- rines pendant une heure et de- mie avant de partager leurs im- pressions avec les scientifiques. Ceux-ci en profitent pour obser- ver le comportement des joueurs,
identifier leurs préférences et en- richir leur vocabulaire lié à cette pratique. Derrière ce moment de détente se cache en effet un tra- vail de recherche original visant à développer un jeu qui aiderait les enfants de 9 à 11 ans à réguler leurs émotions. Au sein du laboratoire «Emer-
gence et expression de l’émotion» (E3 Lab), dirigé par le professeur David Sander, qui s’intéresse no- tamment aux effets de l’émotion
Lobel, qui vient de terminer une thèse sur les relations entre jeux vidéo et acquisition de compé- tences émotionnelles, «jouer, c’est respecter la structure du jeu et ses règles, c’est avoir la possi- bilité de gagner ou de perdre.» Mais ce qui passionne en premier lieu le scientifique, ce sont les si- tuations que celui-ci provoque: jouer vise l’amusement, mais c’est aussi une source d’expériences riches permettant de se confron- ter à soi-même et à son environ- nement social. Aux enfants, en particulier, le jeu offre un espace dans lequel ils ont le contrôle de leur vie et de leurs décisions, tout en leur donnant la possibilité de vivre une large gamme d’expé- riences émotionnelles. C’est justement ce qui inté-
resse l’équipe d’Adam Lobel: «Nous cherchons à développer un jeu éducatif. Cela signifie
qu’il doit avoir toutes les qualités d’un bon jeu, amusant, attrayant et apporter un bénéfice éduca- tif.» Pour comprendre ce que les enfants apprécient et comment ils interagissent, les chercheurs collaborent avec une école voi- sine à laquelle ils présenteront les prototypes imaginés avec les designers de jeux auxquels ils se sont associés. «On ne sait pas encore à quoi
ressemblera le jeu, mais ce sera un jeu physique, social et col- lectif», affirme Adam Lobel. Théoriquement, le bénéfice que les enfants pourraient retirer de l’expérience est double. D’une part, les chercheurs espèrent un enrichissement du vocabulaire lié aux émotions, y compris une meilleure compréhension du ressenti et des moyens pour l’ex- primer. De l’autre, les enfants pourraient améliorer leur compé- tence en réévaluation cognitive. Autrement dit, grâce au pouvoir de décision que procure le jeu, ils devraient être plus aptes à conce- voir différemment une situation dans le but de modifier son im- pact émotionnel. —
POUR EN SAVOIR PLUS Sessions de jeux, les vendredis
www.unige.ch/-/emotion-game
HORIZON
Des écoliers sur la trace des chercheurs en Antarctique
De janvier à juin 2017, un projet pédagogique permet aux élèves du primaire de suivre deux missions en Antarctique: les recherches menées à la station Princess Elisabeth et une expédition scientifique de circumnavigation du continent
D
ans le cadre de deux expéditions scienti- fiques se déroulant en Antarctique, le Labo- ratoire de didactique et d’épistémiologie des
sciences (LDES) de l’UNIGE, en collaboration avec l’EPFL et Animascience, propose un projet péda- gogique sur les régions polaires et les changements climatiques. Plus de 200 classes sont déjà inscrites. Depuis janvier 2017, les élèves peuvent suivre les travaux des scientifiques au travers d’un blog, de capsules vidéo, de reportages photographiques et de visioconférences. Un dossier réalisé par RTSdécouverte, des activités et des dossiers pé- dagogiques permettent aux enseignants d’appro- fondir la thématique en classe, en traitant des questions en lien avec le plan d’études romand
(PER): le climat et les changements climatiques, la biodiversité animale et végétale, le cycle de l’eau et les mécanismes océaniques. À la suite de la cam- pagne, des dossiers seront constitués pour utiliser et exploiter les données scientifiques ainsi que les documents récoltés par les chercheurs.
UN BATEAU, 55 CHERCHEURS, 22 PROJETS Le projet pédagogique s’intéresse à l’Antarctic
Circumnavigation Expedition (ACE), la première expédition organisée par le Swiss Polar Institute, créé en avril 2016 et dédié à l’étude des pôles et des environnements extrêmes. Le projet est d’en- vergure: du 20 décembre 2016 au 18 mars 2017, il mobilise 55 chercheurs issus de 30 pays et tra-
vaillant sur 22 projets de recherche différents. À bord du navire effectuant cette circumnavigation, Christel Hassler, professeure de biogéochimie (Département F.-A. Forel des sciences de l’envi- ronnement et de l’eau), mène des recherches sur l’importance des microorganismes sur le climat. Le deuxième objet d’intérêt du projet péda-
gogique est la station Princess Elisabeth en An- tarctique qui héberge des équipes de recherche du monde entier. De novembre 2016 à février 2017, plusieurs recherches y sont menées, notamment par l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), qui portent sur le cli- mat et les phénomènes météorologiques. Parmi ces scientifiques, Catherine Cherix, enseignante de biologie au collège d’Epalinges (Vaud), est chargée de communiquer avec les écoles de Suisse romande. —
POUR EN SAVOIR PLUS
www.educapoles.wordpress.com
A. LOBEL
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