sibles risques se présentent durant la rencontre. Il ne s’agit pas de savoir à qui convient la thérapie à séance unique, la bonne question à se poser est plu- tôt la suivante : « Puis-je accepter l’idée qu’une seule séance peut suffire tout en me laissant la liberté de fixer des rencontres supplémentaires, si le client et moi-même le jugeons nécessaire? » Les personnes réticentes à suivre une thérapie à long terme sont plus susceptibles d’accepter d’aller à une séance unique que de s’engager dans une longue démarche.
EN SEULEMENT UNE HEURE
Lors d’une séance sans rendez-vous, le client expose son problème et un objectif (ou plusieurs) est fixé. Le but est qu’il reparte chez lui avec un sentiment d’es- poir, en sachant qu’on l’a écouté et en se sentant ras- suré quant à sa capacité de gérer ses propres pro- blèmes.
Pour qu’une thérapie à séance unique soit profitable, il est essentiel que les thérapeutes croient eux- mêmes en l’efficacité des thérapies brèves. Leurs at- tentes sur l’ampleur des changements possibles en une seule heure sont communiquées plus ou moins ouvertement. Lors d’une séance unique, le client est l’expert : c’est lui qui détermine la nature et l’ampleur des changements qu’il souhaite opérer à ce moment- là, peu importe si le thérapeute perçoit le problème en cause comme profond ou non, grave ou non.
L’objectif minimal des séances sans rendez-vous, c’est que les clients repartent chez eux en se sentant soulagés et plus optimistes, que ce soit parce qu’on les a tout simplement écoutés, parce qu’ils ressortent de la séance avec un nouveau regard sur ce qu’ils vi- vent (en se rendant compte, par exemple, que leur « problème » n’en est pas vraiment un) ou parce qu’ils ont en main des renseignements et des res- sources pour savoir où obtenir plus d’aide. S’inspirant de la thérapie axée sur la recherche de solutions et de la thérapie du récit, la thérapie à séance unique se concentre sur le problème dans le présent, et non le passé ou les causes sous‑jacentes. Le thérapeute col- labore avec le client pour extérioriser le problème, l’amener à justifier sa volonté de changer, fixer des objectifs et établir des étapes pour les atteindre. Il s’agit d’une approche centrée sur les forces attribuant le changement à la solidité de l’intervention théra- peutique, qui exploite efficacement les ressources existantes du client. Est-il possible de tisser une rela- tion thérapeutique en une seule séance? La thérapie à séance unique repose sur le principe que même des rencontres brèves ont le potentiel d’être théra-
L’ASSOCIATION CANADIENNE DE COUNSELING ET DE PSYCHOTHÉRAPIE ÉTÉ 2019
peutiques si le thérapeute pose « un regard positif inconditionnel » sur le client et fait preuve « d’acceptation, d’authenticité et d’empa- thie » (Rogers, C., 1957).
En seulement une heure de séance sans rendez-vous, on peut constater la motivation du client à changer, se pencher sur ce qu’il veut et solliciter ses forces et ressources, tout en lui donnant confiance en la possi- bilité de retirer des résultats positifs de la thérapie. Pour beaucoup de clients, une seule séance suffit pour les amener à faire le petit pas dans la direction souhaitée.
DERNIÈRES RÉFLEXIONS
Les séances sans rendez-vous répondent à un grand besoin dans la prestation des services de santé men- tale. Comme les services ont l’avantage d’être offerts au moment où les clients en ont besoin, il y a moins de frustration entourant le manque de disponibilité et les longues listes d’attente, même que cette for- mule réduit souvent le besoin de consultation à long terme. Selon les études, environ 30 % des clients ont besoin d’évaluations plus structurées et d’autre chose que des interventions brèves (Hoyt, 1998b). Or, les séances sans rendez-vous doivent être vues comme des composantes utiles d’un système de ser- vices de santé mentale plus large.
RÉFÉRENCES
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Bobele, M. & Slive, A. (Eds) (2011). When one hour is all you have: Effec- tive therapy for Walk-in clients. Phoenix, AZ: Zeig, Tucker & Theisan
Campbell, A. (1999). Single session interventions: An example of clinical research in practice. Australian and New Zealand Journal of Family Therapy, 20, 183-194.
Hoyt, M. F. (Ed.) (1998). Handbook of Constructive Therapies. San Fran- cisco: Jossey-Bass.
Hubble, M. A., Duncan B. L., & Miller, S. D. (Eds) (1999). The heart and soul of change: What works in therapy. Washington, D. C.: American Psychological Association.
Rogers, C. (1957). “The necessary and sufficient conditions of thera- peutic personality change.” Journal of Consulting Psychology. 21(2): 95- 103.
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