SEPT OPTIONS POUR AMÉLIORER LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE
L’accroissement de l’efficacité énergétique alimentaire repré- sente le chemin critique pour réaliser une croissance apprécia- ble de l’offre d’aliments sans porter atteinte à la durabilité en- vironnementale. Sept options sont proposées ci-dessous pour des scénarios à court, à moyen ou à long terme.
OPTIONS COMPORTANT DES EFFETS À COURT TERME
1. Pour réduire le risque d’instabilité accrue des prix, des me- sures temporaires de contrôle des prix des produits essentiels pourraient être appliquées d’urgence dans les pays les plus sévèrement touchés, en plus de la constitution d’importants stocks de céréales pour réguler les marchés étroits des produits alimentaires et contrer par la suite les risques de spéculation sur les marchés. Il s’agira notamment de réorganiser l’infrastruc- ture et les organismes de gestion du marché alimentaire en vue de réglementer les prix et de mettre en place des filets de sécu- rité pour amortir les effets de la hausse des prix et des pénuries alimentaires, y compris des transferts directs et indirects.
2. Encourager la suppression des subventions et des ratios de mélange des biocombustibles de première génération, afin de favoriser la transition vers de nouvelles générations de biocom- bustibles à base de déchets (si cela ne nuit pas à la production des aliments pour animaux), de manière à éviter l’accaparement des terres cultivables par la production de biocombustibles. Les me- sures à prendre comprendront la suppression des subventions aux produits et intrants agricoles, qui contribuent à exacerber la crise alimentaire actuelle, ainsi que l’investissement dans des mécanismes de transition pour adopter des systèmes alimen- taires durables et renforcer l’efficacité énergétique alimentaire.
OPTIONS COMPORTANT DES EFFETS À MOYEN TERME OPTIONS COMPORTANT DES EFFETS À LONG TERME
3. Réduire l’utilisation des céréales et des poissons comestibles dans la production d’aliments pour animaux et mettre au point des solutions de rechange pour l’alimentation des animaux et des poissons. Cela peut se faire dans le cadre d’une économie « verte » en renforçant l’efficacité énergétique alimentaire par l’utilisation des déchets de pêche, la récupération et le recyclage des pertes et déchets post-récolte ainsi que l’innovation technologique, de manière à accroître l’efficacité énergétique alimentaire de 30 à 50 % sur la base des niveaux de production existants. Il faudrait en
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6. Limiter le réchauffement de la planète, notamment en en- courageant l’adoption de systèmes de production agricole et de politiques de gestion foncière propres à atténuer les change- ments climatiques.
7. Sensibiliser davantage le public aux contraintes que l’accrois- sement rapide de la population et de la consommation repré- sente pour le fonctionnement durable des écosystèmes.
outre, si possible, réaffecter directement à la consommation hu- maine les produits halieutiques qui sont utilisés à l’heure actuelle pour la production d’aliments destinés à l’aquiculture.
4. Aider les agriculteurs à développer des systèmes d’éco-agri- culture diversifiés et résilients qui assurent les services écosys- témiques essentiels (fourniture et régulation de ressources en eau, habitats d’espèces de flore et de faune sauvages, diversité génétique, pollinisation, lutte antiparasitaire, régulation du climat, etc.) et une production alimentaire suffisante pour sa- tisfaire les besoins des producteurs et des consommateurs. Il s’agira notamment de bien gérer les conditions pluviométri- ques extrêmes et d’utiliser le système des cultures intercalai- res pour réduire autant que possible le degré de dépendance à l’égard d’intrants externes tels que les engrais artificiels, les pesticides et l’eau d’irrigation dérivée des eaux superficielles ou souterraines (eau bleue), ainsi que de concevoir, appliquer et promouvoir des technologies vertes au profit des petits exploi- tants agricoles. Cela pourrait se réaliser par le biais de la créa- tion d’un fonds mondial d’appui au micro-financement destiné à accroître la productivité des petites exploitations agricoles.
5. Intensifier les échanges commerciaux et renforcer l’accès au marché par l’amélioration des infrastructures et l’élimination progressive des obstacles au commerce. Il ne s’agit cependant pas d’une approche entièrement axée sur le libre-échange, dans la mesure où la réglementation des prix et les subventions pu- bliques constituent des filets de sécurité et des investissements nécessaires à la production. L’élargissement de l’accès au mar- ché doit aller de pair avec une réduction des conflits armés et des pratiques de corruption, qui aurait une grande incidence sur le commerce et la sécurité alimentaire.
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