LP Intervention Sociale Année 2008/2009
Spécialité métiers de l’Insertion et de l’Accompagnement Social
psychotropes avant de profiter de sa soirée. Selon l’auteur, tout un rite est nécessaire au cours de la
négociation de la vente ou de l’échange de ces substances illicites. Le dealer professionnel analyse au
premier abord l’intéressé pour savoir s’il a à faire à un néophyte, à un habitué, ou bien encore à un
policier en civil (auxquels cas la transaction n’aura pas lieu puisque ce dernier sera rapidement
identifié par le vendeur). En effet, les fêtes sauvages admettent un grand nombre de valeurs et de
normes. Il est très facile de distinguer les habitués du milieu des autres. Tout se joue dans la franchise
du regard, la maîtrise des impressions, la manière de s’habiller, de parler, voir même de danser, …
Après que le vendeur de drogues ait pu, en quelques seconde, jauger le client qui lui fait face, il
cherchera soit à le « rouler », soit à lui faire le prix normal voir même quelque fois un prix d’ami si le
« feeling » passe instantanément ou si cette personne est une de ses connaissances ou côtoie son cercle
de pairs. Le fait de dealer dans l’optique d’obtenir une rémunération est présenté dans ce livre comme
une véritable profession régie par de nombreuses règles comme par exemple : ne jamais dénoncer un
autre dealer, ne pas se mêler des affaires des autres, faire goûter ses produits avant de les vendre,
posséder des rabatteurs et des « bons plans », …
Selon l’auteur, si la population des « racailles » est stigmatisée par le monde de la « Teuf », c’est que
ces individus ne cherchent pas à s’adapter au milieu. La plupart ne participent à ce genre d’évènements
uniquement dans l’optique de vendre des psychotropes. Cette population viendrait ici faire le
commerce de drogues illicites sans se soucier d’un principe d’intégration et de sociabilité (P.61). Or le
fait de dealer et de ne pas être un habitué de ce milieu est vu comme une provocation de la part des
dealers professionnels. De plus (et surtout), ces individus empiètent sur leur marché et risquent de leur
faire perdre une partie de leur clientèle. Il est donc de mise pour les vendeurs professionnels de
stigmatiser cette population en critiquant les drogues (et leurs effets) vendues par les « racailles ».
Pour leur propre intérêt, il leur est important d’entretenir cette « légende » car cette population
constitue leur seule véritable concurrence.
Sandy Queudrus s’attache aussi à présenter de manière claire et précise l’importance de
l’environnement spatio-temporel de ce milieu. En effet, le choix d’un site pour réaliser une Free party
n’est pas dû au hasard. Le site doit répondre à plusieurs caractéristiques bien précises. Ils peuvent être
de deux types, soit des espaces naturels, soit des friches industrielles mais, dans chacun des cas, ils
correspondent à des lieux de revendications. Ce sont des lieux qui revêtent la plupart du temps un
caractère « sacré » et la prospection pour trouver un bon site est souvent longue et fastidieuse.
Un site naturel donne au cadre de la fête une vision enchanteresse. Un grand nombre d’individus qui
côtoie le milieu Techno habitent des villes ou des villages mais ne prennent jamais beaucoup de temps
pour observer la nature qui les entoure. Or, dans ces fêtes sauvages et de part la consommation de
psychotropes, un grand nombre d’individus se surprennent à se perdre dans leurs pensées en observant
au petit matin le site sur lequel ils ont fait la fête toute la nuit durant. Selon Sandy Queudrus, ce
moment est parfois très intense pour le citadin adepte du mouvement Techno qui découvrent derrière
le mur d’enceinte un horizon infini où se détache un lever de soleil. Faire la fête sur un site naturel
c’est en quelque sorte, revendiquer son appartenance et ses liens avec la nature et rejeter quelques
instants le monde urbain duquel la plupart proviennent.
Un bol d’air qui valorise et réhabilite les sens et les réminiscences. Ces personnes sont sensibles à
l’odeur de l’herbe coupée, au chant des oiseaux, à la brise marine qui balaie leur visage. Regarder le
soleil se lever assis sur un rocher ou étendu de tout son long dans un pré dont elles ne se lassent pas.
L’appropriation de sites naturels révèle donc la résurgence d’une forme d’écologie : renouer des liens
avec la Nature. (P. 81-82)
Les friches industrielles sont aussi des lieux dont prennent parfois possession le temps d’un soir ou de
quelques jours, les initiés du mouvement Techno. Ces paysages bétonnés accueillant les foules font
Maugendre Pierre 5
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