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otte au village fortifié


En tout cas, tous les percements postérieurs au début du XVIe


ont un caractère utilitaire sans aucune recherche décorative.


L’église sur la motte


Sur le plan cadastral du XIXe siècle, l’église partage la motte avec le château. Les deux bâti- ments sont emboîtés l’un dans l’autre. L’aspect architectural de l’église nous est mal connu. Le cadastre donne seulement son plan de masse : une petite église en croix- latine, au chevet plat. Devant l’entrée de la nef, le plan figure une étroite parcelle, distincte du reste de l’édifice. Elle pourrait indiquer un « emban », cet abri à demi ouvert, fréquemment adossé autrefois à l’entrée des églises gasconnes. L’emban ser- vait de porche et parfois de salle de réunion pour la Communauté villageoise. Il y a quelques années, on voyait encore affleurer les sub- structions de l’église dans le sol du cimetière. Et en levant les yeux, on


siècle Les murs du village


Les murs étaient encore en place au début du XVIIIe


siècle : le livre-


terrier de 1729, en donnant les confronts de chaque maison, indi- que celles qui s’appuient sur le mur du village. En mettant bout à bout ces informations, on reconsti- tue une enceinte ininterrompue.


Pan de l’enceinte du village, au-dessus de l’actuel Monument aux Morts.


mur d’enceinte. Il en reste deux, aux angles N-O et S-O, et les arra- chements d’un troisième au Nord. L’examen du mieux conservé de ces contreforts (dont le sommet a été transformé en pigeonnier) montre une liaison parfaite avec le mur d’enceinte. Il a donc été construit en même temps que lui et non pas ajouté plus tard pour contrer un risque d’effondrement du mur.


Quand le mur d’enceinte a-t-il dis- paru ? Il est probable qu’il cessa définitivement d’être entretenu au cours du XVIIIe


siècle, et qu’il fut


démoli peu à peu par la suite. On retrouve beaucoup de pierres, rem- ployées dans les maisons du vil- lage.


Son tracé se lit sans difficulté sur le plan cadastral du XIXe


siècle.


Testament de Pierre Ladoux (Ladouch), 1689.


aperçoit sur la tour du château les dernières traces du toit de l’église, avec quelques tuiles plates encore accrochées au mur. Aucun élément ne nous permet de savoir à quel moment l’église s’est installée sur la motte. En tout cas, c’est tardive- ment, à l’occasion d’une recons- truction ou d’un agrandissement, qu’elle est venue masquer à-demi la grande fenêtre de la tour. Le cimetière était, selon l’usage, à côté de l’église. Celle-ci a été reconstruite à la sortie du village à la fin du XIXe


siècle, mais le cime-


tière est resté sur la motte. Il s’est agrandi de l’emplacement de l’église démolie. Certaines inhuma- tions se faisaient autrefois dans l’église, comme l’illustre le testa- ment de Pierre Ladoux (Ladouch), habitant de Maignaut (1689). Il exprime la volonté, « estant dans son lit malade de certaine mala- die… que son corps soit ensevely dans l’église [de Maignaut] ».


L’enceinte formait un carré, sim- plement déformé vers l’Est, où la direction des murs s’infléchissait pour rejoindre la motte. Il en sub- siste encore quelques pans. On les reconnaît à leur parement de pierre de taille en « appareil moyen », disposé en assises régulières. On retrouve ces morceaux de murs dans les façades, sur le côté Nord du village, de part et d’autre de la porte. Au Sud, un segment d’une quinzaine de mètres de longueur a été dégagé au-dessus du Monu- ment aux Morts. Il s’étirait de l’ac- tuelle entrée Sud du village (ancienne porte ?) jusqu’à la


D’une porte à l’autre La « grande rue » commençait à la porte Nord (qui existe toujours) et débouchait sans doute sur une seconde porte, symétrique, au Sud. Son ouverture en arc brisé donne à la porte Nord un « cachet médiéval »


une porte. On y longe encore, pris dans une maison, un pan de mur, dont l’aspect est très proche de celui des murs de l’enceinte ou du château. Il ne peut pas s’agir d’un pan du mur d’enceinte, car sa direction lui est perpendiculaire. Il semble plutôt s’agir d’un vestige de la paroi d’une porte. Malheu- reusement, il ne reste aucun élé- ment d’un encadrement d’ouver- ture, qui aurait constitué une preuve incontestable.


Les fossés


Vestiges de la porte Sud. Etat en 1994.


Contrefort du mur d’enceinte au Sud-Ouest. Etat en 1994.


motte, à l’Est. Il n’en reste plus que la base. Ce segment permet d’observer le mode de construc- tion du mur : là où le parement de belles pierres de taille n’existe plus, reparaît la maçonnerie de blocage qui constituait l’intérieur du mur.


Des contreforts s’adossaient au


tout–à-fait authentique. Mais l’ou- vrage actuel ne représente qu’une partie de la construction d’origine. Il s’agissait d’une tour-porte, comme on en voit encore dans de nombreux villages du Gers. Au- dessus du passage voûté s’éle- vaient un ou plusieurs étages. On ignore à quelle époque cette tour a été abaissée jusqu’à son niveau actuel. Le passage est maintenant à ciel ouvert, mais on voit encore de chaque côté la première assise de l’ancienne voûte. Les défenses étaient sommaires : elles se limi- taient probablement aux vantaux de bois de la porte, au parapet cré- nelé qui devait exister au sommet, et à une ou deux archères. Beaucoup d’indices font penser que la porte Nord avait son pen- dant au Sud. A cet emplacement, le plan cadastral du XIXe


siècle


montre d’ailleurs un étranglement entre les maisons, qui fait songer à


Il est probable qu’un fossé entou- rait le village, au pied du talus qui portait le mur d’enceinte. C’est le cas dans la plupart des villages for- tifiés, les exceptions ne concernant guère que les sites très escarpés, où le fossé n’était pas indispen- sable. Mais ici, peu de traces. La mare visible sur l’ancien plan cadastral, au S-O pourrait en être un vestige. Beaucoup de villages en effet en comblant leurs fossés, en ont conservé une petite section, pour servir d’abreuvoir et de réserve d’eau pour l’incendie. La motte avait son propre fossé. Il n’en reste que des traces. Sur le plan cadastral, un anneau étroit la borde encore sur la moitié de son périmètre (au Nord et à l’Est). Ce demi-anneau indique le tracé du fossé. Peut-être est-il encore visible à l’époque où le géomètre lève le plan du cadastre. Peut-être au contraire est-il déjà comblé : son tracé se perpétue alors à tra- vers les limites de propriété, qui peuvent ainsi conserver pendant très longtemps la trace de struc- tures disparues.


A suivre.


PRINCIPALES SOURCES UTILISÉES ●


Archives départementales du Gers, 3 E 2601, f os 39 r, 64 v (actes notariés), E Supplément 3237 (livre-terrier de 1729).


● Plan cadastral du XIXe


Sect. A, F° 2 (Serv. du Cadastre, Condom), Plan cadastral révisé (à jour pour 1982), Sect. A, F° 2 (Mairie).


siècle, ●


Benoît Cursente, Les castelnaux de la Gascogne médiévale. Gascogne gersoise, Bordeaux, 1980, 198 p.





Renée Mussot-Goulard, Enquête sur Maignaut, Wasconia, n°1, Marsolan, 1985, 48 p.





Jacques Gardelles, Les châteaux du Moyen Âge dans la France du Sud-Ouest. La Gascogne anglaise de 1216 à 1327, Genève, 1972, 284 p.


Photos Bertrand Boquien


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