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subdélégués, représentants locaux des Intendants qui siègent à Auch et à Bordeaux. Sur place, les consuls devaient être chargés de l’établissement des listes, ou au moins y être associés. Ils devaient également être chargés de la convocation des jeunes hommes pour le tirage au sort. Le soupçon de favoritisme pesait facilement sur les consuls. C’est ce que montrent les protestations, formulées à un an d’intervalle, par Marguerite Péres, veuve d’un notable de Valence, le sieur de Castillon. Le 14 décembre 1702, elle élève devant le notaire une protestation contre les consuls de Maignaut, Jean Capuron et Arnaud Mondin. Elle leur reproche d’avoir « malicieusement prins » Pierre Daubas, son métayer de la Merenguille, « pour aller servir le roy dans ses milices ». La formulation est ambiguë. Pierre Daubas a-t-il été simplement ins- crit sur le rôle ? A-t-il été amené de force au tirage au sort ? Marguerite Péres ne veut pas voir partir son métayer. Pour elle, la convocation de Pierre Daubas n’a pas d’autre but que de « favoriser Jean et Reymond Capuron fraires et autre Jean Capuron ses cousins proches parants [du consul Jean Capuron] et plusieurs autres jeunes hommes du dit lieu qui ne sont pas laboureurs ni chargés d’aucun droit [privilégié] ». La manœuvre consistait sans doute pour le consul à présenter un maximum de jeunes hommes au tirage au sort, pour diminuer le risque de voir partir un de ses proches. Ou peut-être même pour pouvoir discrètement les retirer du rôle.


À supposer qu’il ait finalement participé au tirage au sort , Pierre Daubas n’a pas été désigné pour partir. Un an après, il est de nouveau convoqué à Maignaut « pour esprouver le sort avec d’autres jeunes hommes pour d’entre eux aller... servir le roy dans les recrues qu’il fait faire pour les troupes étrangères ». La convocation est justifiée par le fait qu’il possède, avec son frère, des biens dans la juridiction de Maignaut. Mais Marguerite Péres ne se laisse pas faire. Elle estime que Pierre Daubas, n’est pas concerné par le tirage au sort,


puisqu’il réside désormais à Valence. Pour preuve, le contrat de « bordelerie » (métayage) qu’elle a passé avec lui. Elle a produit ce contrat devant Jean Capuron. Lui, nullement impressionné, lui a fait répondre « qu’il se moque de tous les actes qu’on peut luy faire aussy bien que dud(it) contract de bordelerie dequel il a dit ne vouloir coppie ». Elle fait donc enregistrer une nouvelle protestation devant le notaire. On ignore la suite de l’affaire.


Une fois le milicien désigné par le sort, c’est à la Communauté que revient la charge de l’équiper. Pour ce faire, elle taxe les habitants. Le 17 mai 1705, le notaire enregistre la plainte du tisserand Pierre Ladouix (Ladouch) qui s’est vu « exécuter », sur ordre du consul Martin Bautian. C’est-à-dire qu’on a saisi une partie de ses biens. On lui a emporté deux chaudrons et quelques autres ustensiles, sans que « le dit Ladouix luy feust en rien teneu ny débiteur ». Le consul lui a donné l’explication. Il n’avait pas réglé une taxe de trois livres destinée à l’équipement des soldats de milice. Il l’a assuré que ses effets lui seraient rendus contre paiement de la dite somme. Pierre Ladouix paye


donc, et élève aussitôt une protestation officielle. Bertrand Boquien


Maignaut, village médiéval par Bertrand Boquien


Extrait de la première partie « Du Moyen-Âge au début du XIXe siècle » N°43 ● MAIGNAUT PASSION Info ● 5


LE LIVRE


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