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Les charges de la Communautés des habitants dans le financement des armées royales sous l’Ancien régime


Sous l’ancien Régime, la « Communauté des habitants » est constituée des chefs de famille qui se réunissent pour délibérer des affaires communes. Les affaires qu’elle traite concernent principalement la répartition des impôts royaux et la gestion des biens communaux. Si Maignaut, le Grand-Tauzia et le Petit-Tauzia ont bien formé trois communautés distinctes, on n’a guère d’informations que sur celle de Maignaut. Là encore, ce sont les actes notariés qui en ont conservé la mémoire.


O tLe logement des gens de guerre


utre les impôts royaux, les communautés supportent occasionnellement d’autres char- ges. Elles doivent par exemple contribuer au loge- ment et à l’entretien des gens de guerre. Deux actes notariés de l’année 1638 font mention de cette charge pour Maignaut . Le premier est du 18 avril.


une nouvelle charge sur les paroisses : la milice. Elle est créée en 1688, au début de la guerre dite de la Ligue d’Augsbourg, par Louvois, minis- tre de la guerre. La milice doit procurer des troupes auxiliaires à l’armée. Chaque paroisse est astreinte à fournir un certain nombre de miliciens, choisis parmi les célibataires ou les hommes mariés sans enfants, âgés de 20 à 40 ans, et mesurant au moins 5 pieds (soit 1,62 m). Bientôt, on institue un tirage au sort. Celui qui tire le « billet noir » part pour six ans dans les compagnies de milice. Les exemptions sont nombreuses, ce qui favorise les abus. La milice sera toujours une institution détestée. Les cahiers de doléances de 1789 en demanderont un peu partout la suppression.


A


La Communauté doit contribuer « au payement de la subsistance de gens de guerre logés en la ville de Jegun ». Le second, du 26 juillet, est rela- tif à un emprunt de 30 livres fait la Communauté auprès de Raymond Soullès « pour subvenir à l’entretien des gens de guerre deu régiment de [Noailhe] logés au dit Maignaud ». Dans le premier cas, la Communauté a participé à l’entre- tien des soldats logés dans un autre bourg, dans le second cas, les gens de guerre ont été logés à Maignaut, aux frais des habitants.


4 ● MAIGNAUT PASSION Info ● N°43


Une affaire survenue en mars 1695 à Flaran, et mettant en cause les consuls de Maignaut, montre à quel genre d’abus pouvait donner lieu l’organisation de la milice. Le syndic de l’abbaye adresse une sommation aux consuls d’avoir à libérer Jean Bagan, un valet, que Vital Mondin, premier consul, « conjointement avec ses autres collègues et plu- sieurs habitants de Maignaud à luy affidés » sont allés « prendre et enlever d’authorité et de voye de fait » dans l’enclos de l’abbaye de Flaran. Ils veulent l’envoyer dans la milice en remplacement d’Arnaud Mondin, « qui sert depuis cinq ans dans les d(ites) milices » et qui est le frère du premier consul. L’organisation du tirage au sort est confiée aux


la fin du XVIIe La milice siècle, le pouvoir royal fait peser


©ERICA GUILANE-NACHEZ-FOTOLIA


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