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l y a de quoi rendre jaloux leurs confrères de la logistique tradi- tionnelle, car l’e-commerce reste l’une des rares activités toujours en progression. « Cela va-t-il continuer ? Comment ce marché va-t- il évoluer et quelles en sont les consé- quences pour vous en tant que logis- ticiens ? », interroge Jean-Philippe Guillaume pour démarrer cette Table Ronde consacrée aux prestataires logistiques du e-commerce. Pour Adrian Diaconu (ADS), « la bataille de demain, ce sera le cross-canal. Cela signifie que notre secteur d’activité va croître de plus en plus, puisque fina- lement nous nous trouvons à la croi- sée des chemins, que ce soit pour une vente par Internet ou en magasin ou via des animatrices, il y aura toujours besoin d’un dépôt et de distribution, soit vers le client final, soit vers les points de vente ». Christian Morin n’est pas tout à fait d’accord. La clien- tèle Morin Logistic est essentielle- ment composée de « Pure Players ». « C’est un métier qui est complètement différent du commerce traditionnel, et pour avoir été aussi en relation avec de grands distributeurs qui voulaient faire du e-commerce, nous avons vu clairement que si les équipes n’étaient pas complètement neuves, s’ils arri- vaient avec leurs habitudes et leurs
préjugés, ils ne réussissaient pas. La logistique du e-commerce, ce n’est pas celle des magasins, et ce n’est pas la logistique traditionnelle, ni même celle des Retailers avec 5, 10, 15 articles dans un colis, ça n’a rien à voir », assène-t-il. Selon Olivier Moreau (Orium), il faut faire la distinction entre l’évolution du e-commerce et celle de l’e-logistique. Pour lui, l’e-commerce va vers davantage de complexité et l’opportunité de crois- sance pour les logisticiens dépendra de leur capacité à appréhender et supporter cette complexité. « Dans les trois prochaines années, ce sont les « Brick and Mortar » qui vont rempor- ter la bataille du e-commerce, c’est pour cela que nous avons opéré cette transition vers les commerçants en intégrant des outils du marché de la logistique. C’est vrai qu’ils ne com- prennent pas grand-chose au e-com- merce, mais ils ont les ressources, les moyens financiers, l’assise et la struc- turation pour le faire », affirme-t-il.
Les différentes formes d’e-commerce
Luc de Murard (Crosslog) est plus nuancé. « Dans l’histoire du e-com- merce, les choses sont arrivées pro- gressivement, notamment au niveau des types de produits : d’abord le High Tech, ensuite d’autres secteurs comme l’équipement de la maison ou le textile qui se développe très fortement depuis quelques années. Internet est un labo- ratoire d’idées, d’expérimentations de nouveaux services, de nouveaux pro- cess, avec des modèles différents qui nécessitent des logistiques adaptées, les boutiques en ligne, les places de marché, les ventes privées, les achats groupés, les ventes sur abonnement et
le multicanal, qui fait partie des types de distribution qui se développent fortement », énumère-t-il. Franck Gri- monprez ajoute à cette liste les indus- triels, les négociants et les impor- tateurs qui cherchent à accéder au client final en direct. « C’est 30 % des clients de Logistique Grimonprez qui s’y intéressent », précise-t-il. « Beau- coup de marques qui externalisent leur logistique chez nous, notamment dans les cosmétiques et l’Entertain- ment sont totalement dans cette ten- dance », confirme de son côté Jean- Michel Perbet (CEPL). « Et comment voyez-vous l’arrivée sur le marché de grands acteurs du e-commerce de type Amazon ou 3 Suisses qui commencent à proposer leur savoir-faire en logis- tique à des sociétés tierces qu’ils ajou- tent à leur galerie ? », demande alors Cathy Polge, Rédactrice en chef de Supply Chain Magazine. « Nous avons des exigences de réactivité, de niveau de service, de gestion des retours éga- lement qui font que nous avons une vraie valeur ajoutée par rapport à ces grands groupes qui feront peut-être passer leurs propres clients internes, avant les nouveaux clients qu’ils font entrer chez eux », répond Jérôme Libeskind (SED Logistique).
Explications sur les réinternalisations
Eric Sarrat (GT Logistics) aborde directement la question de l’externali- sation de la logistique du e-commerce. « Outre les arguments classiques, il y en a un très fort : tous ces e-commer- çants, qui sont constamment en train de lever des fonds, sont contents de trouver un partenaire qui partage les coûts, les immobilisations qu’ils n’ont pas à faire dans la logistique, assez
Table ronde réunissant les principaux e-logisticiens le vendredi 15 juin JUILLET-AOÛT 2012 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE ■ N°66 69
©C.POLGE
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