RETOUR D’EXPÉRIENCE
« L’appel d’offre ne spécifiait pas de devenir un Business Partner mais il y avait en revanche beaucoup de choses assez spécifiques qui demandaient de l’investissement », précise Eric Decroix. Un investissement que le prestataire n’hésite pas à engager sur ces derniers 18 mois, en faisant le pari d’une rela- tion sur la durée. Exemple : pour le péri- mètre de stockage initial, de 8.000 m2
,
FM Logistic a été amené à modifier le bâtiment et le système de sprinklage, en ajoutant une hauteur de lisses. Et une nouvelle exigence non prévue par le cahier des charges est apparue ces der- niers mois : la gestion par numéro de série des produits plutôt que par réfé- rence, qui a conduit les équipes du pres- tataire à revoir les procédures et à modifier leur WMS maison, Supply Chain Planet. Par ailleurs, si la saison- nalité avait été anticipée, la forte crois- sance du premier trimestre 2012, elle, ne faisait pas partie du cahier des charges initial. « La gestion de la croissance n’était pas forcément évidente. En février, l’activité a été très forte, nous avons réceptionné +40 % de véhicules
comparativement à l’année dernière alors que nous n’en attendions que +10 à +15 %. Il a fallu traiter en très peu de temps une croissance de l’activité très forte en réception avec tous les aléas que cela peut entraîner, et mettre les capa- cités en face, aussi bien de réception que de stockage », raconte Bruno Dufau, Responsable logistique Kärcher France. Là encore, FM Logistic joue la carte de la souplesse en donnant la possibilité à son client de déborder sur une cellule avoisinante, lorsque les deux premières cellules de 6.000 m2
, initialement réser-
vées pour anticiper la volumétrie pré- vue en 2013, se remplissent avec un an d’avance. En outre, la stratégie orientée clients de Kärcher a aussi des impacts sur la manière de traiter les flux. « L’ap- pel d’offres lancé en 2010 n’a pas été exhaustif par rapport à la croissance de notre entreprise. Nous faisons notam- ment aujourd’hui des versions configu- rables de produits, comme les auto- laveuses avec plusieurs têtes de lavages de différentes qualité ou dimensions, ce qui nous a amené à revoir aussi certains process de préparation car il faut pou-
Et après ?
Le partenariat entre Kärcher France et FM Logistic ne porte pour le moment que sur la partie logistique, mais voici quelques pistes pour étendre l’offre de service à court ou moyen terme : ■ La gestion des retours SAV et les stocks marketing : aujourd’hui, ces opérations s’effectuent au siège de Kärcher France, à Bonneuil-sur-Marne, dans un bâtiment de 4.000 m2
d’entrepôt. Une étude est en cours.
■ La gestion du transport aval : c’est Kärcher France qui manage les trois types de transport (affrètement, messagerie et express) confié à six entreprises pour couvrir la totalité du territoire : Chronopost, Alloin (groupe K+N), Dachser, Speed, Schenker et Codimas. FM gère déjà 30 à 40% du transport amont, depuis les usines allemandes.
■ Le co-packing : une réflexion est en cours pour la préparation de lots avec de l’assemblage de produits promotionnels (cerclage, collage) pour la grande distribution (exemple : une machine avec un accessoire spécifique).L’étape suivante pourrait être de mettre en œuvre de véritables opérations de différenciation retardée.
■ La collaboration géographique : FM Logistic est prêt à accompagner son client sur de nouveaux marchés à l’international. Son argument : capitaliser sur l’expérience et les connaissances acquises à Fontenay-Trésigny pour former les équipes sur place et gagner en temps et en efficacité.
■ Le pooling ou la Gestion Mutualisée des Approvisionnements (GMA) : l’idée est d’identifier des partenaires potentiels ayant les mêmes destinataires (grande distribution, GSB) et si possible, avec une saisonnalité inversée pour tirer partie d’une livraison mutualisée en camions complets. Des contacts seraient déjà pris par FM Logistic.
■ La collaboration à l’achat : sous ce terme mystérieux se cache l’idée simple de FM Logistic de tirer partie de conditions préférentielles consenties par son partenaire Kärcher pour utiliser ses produits (auto-laveuses, nettoyeur de vitres et de sols) dans le cadre de prestations de nettoyage effectuées sur les plates-formes logistiques du prestataire. ■
38 N°66 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - JUILLET-AOÛT 2012
La fin de la phase de transition Ces 18 premiers mois de partenariat ont permis à FM Logistic d’apprendre, étape par étape, à maîtriser les subtilités et les spécificités des deux activités de Kär- cher, grand public et professionnelle. « Les équipes projet ont travaillé plu- sieurs semaines depuis juin 2010 pour définir le cahier des charges, et être prêt à rentrer la première palette et livrer la première commande », déclare Thierry Rebourg, Directeur de la plate-forme FM Logistic de Fontenay-Trésigny. La gamme grand public a été intégrée en octobre 2010, suivie en novembre 2011 de la gamme professionnelle. Aujour- d’hui, l’activité représente 6.000 camions annuels et 17.000 palettes en entrées/ sorties, pour 10.500 palettes en stock et 1,7 M de colis livrés à destination de 12.000 points de vente. Ce qui implique pour FM de devoir ordonnancer les commandes pour gérer ces 125.000 expéditions par an. « Nous sortons de cette période de transition. Dorénavant, l’enjeu est de structurer la relation pour pouvoir passer les volumes sur l’année 2013, car la capacité logistique en place n’est peut-être plus adaptée à ce qui va se passer dans quelques semaines ou quelques mois. Il s’agit de retravailler tout cela pour pouvoir fournir le meil- leur service possible à l’ensemble de nos clients », déclare Bruno Dufau. FM Logistic devrait aussi déclencher une démarche Lean Supply Chain. Le prestataire a déjà prodigué quelques conseils utiles à son partenaire, comme celui de livrer désormais les nettoyeurs à vitre non plus par boîtes de douze mais par palettes de 216 pièces, ce qui aurait réduit les coûts logistique asso- ciés… de 40 % ! ■
JEAN-LUC ROGNON
voir assembler ces pièces avant de les livrer au client », explique François Mal- manche. Chaque décision se prend en concertation, le Responsable financier de Kärcher France venant régulièrement sur le site afin de comprendre les coûts et les surcoûts nécessaires pour s’adap- ter aux nouvelles volumétries. « Pendant la saison, le Directeur de site me fai- sait un point tous les soirs à 22 h 30 et nous avions des comités de pilo- tage mensuels », témoigne par ailleurs Bruno Dufau.
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