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teau de Fondelin, et le mari, le marquis de Cugnac. Mais Louis Puech semble avoir ignoré le divorce, le remariage avec Soubiran, et la résidence du couple à Bordeaux, attestée en l’an V. Philippe Lauzun ignore ou passe sous silence cette affaire4


.


On ne sait pas comment l’ex-marquise rencontra Paul-Émile Soubiran. Elle fut probablement séduite par ce per- sonnage au charme, semble-t-il, irré- sistible. Il avait, selon Louis Puech, un physique avantageux. Il s’en servait pour « gagner la sympathie et la confiance des hommes, devenir leur confident, à l’occasion leur héritier, et surtout pour séduire les femmes ». Mais l’affaire est peut-être plus trouble. Le divorce, puis le remariage avec Paul-Émile Soubiran, ont pu être pour Marie Charlotte du Bouzet une sorte d’assurance-vie : un moyen d’assurer sa sécurité et de protéger ses biens. Sous la Terreur, être l’épouse d’un aristo- crate émigré était une situation pleine de dangers. Pour Louis Puech, c’est probablement grâce à l’intervention de Soubiran « opportuné- ment travesti en jacobin » que les domaines de Marie Charlotte du Bouzet « ne furent pas ven- dus comme ils auraient dû l’être ». En applica- tion d’une clause du contrat de son premier mariage, l’ex-marquise était devenue propriétaire du domaine de Maignaut. Elle le vendit le 2 prai- rial de l’an V (21 mai 1797). La procuration éta- blie pour la vente indique qu’au 6 pluviôse précé-


Paul-Emile Soubiran (1770-1855) EXTRAIT DU BULLETIN DE LA SOC. ARCHÉOLOGIQUE DU GERS, 1907. AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE, HISTORIQUE, LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE DU GERS.


dent (25 janvier 1797), le couple habitait à Bor- deaux, rue Esprit des Lois6


. Paul-Emile Soubiran


dilapida rapidement l’argent de son épouse, qu’il finit par abandonner à Toulouse. Il partit chercher fortune à Paris où il fit rapidement la conquête d’une riche hollandaise. Marie-Charlotte du Bou- zet revint habiter au château de Fondelin, rési- dence de ses parents6


rant de l’an VIII (soit en 1799 ou 1800)8


1 - A.D. Gers, 3 E 2629, A.D. L.-et-G., 5 J 59. Le divorce est autorisé par la loi du 30 août 1792. Elle se remarie en messidor an II (juin-juillet 1794). 2 - Louis Puech, Un aventurier gascon : Paul-Émile Soubiran (1770-1855), Bulletin de la Société Archéologique du Gers, T. VIII, 1907, p. 13-37, 101-123. 3 -Il fut le père de la princesse Aurélie Ghika, née de son second mariage. Femme de lettres, elle épousa un prince roumain, et, devenue veuve, revint s’établir à Lec- toure (Mary Larrieu-Duller, La « vie de société » au XIXe


siècle, dans : Deux siècles


d’Histoire de Lectoure, Lectoure, 1981, 199 p, Miheala Cojocaru, Du nouveau sur la Princesse Aurélie Ghika : Les interférences franco-roumaines autour de


. Elle serait morte dans le cou- . ■


Bertrand Boquien


1850, Bulletin de la Société Archéologique du Gers, T. 101, 2000, p. 54-75). 4 -La famille de Cugnac était toujours propriétaire des châteaux de Léberon et Fon- delin à la fin du XIXe


(Philippe Lauzun, Châteaux gascons de la fin du XIIIe


siècle, ce qui explique sans doute la discrétion de Louis Puech siècle, Revue de Gascogne,


T. XXXVII, 1896, p. 6-19, 86-101, 198-215). 5 - Philippe Lauzun, art. cité. 6 - A.D. Gers, 3 E 2629. 7 - En germinal an VII , soit en mars ou avril 1799 (A.D. L.-et-G., 5 J 59). 8 - Site Généanet, ascendance de Martine Belliard.


N°42 ● MAIGNAUT PASSION Info ● 3


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