des prévisions qui vont par essence faire autorité pour tous... différenciant « fond de rayon » et « promos ».
Limiter ses immobilisations C’est à l’évidence le contexte écono- mique difficile que nous connaissons aujourd’hui qui donne le ton et con- traint la grande distribution à limiter ses immobilisations, donc ses stocks, et à améliorer sans cesse son fonds de roulement. C’est encore une économie mise à mal par la crise actuelle qui explique une relative baisse de la consommation résultant d’une dimi- nution du pouvoir d’achat qui oblige à une démarche rigoureuse de calcul des volumes à tenir disponibles en stock et en rayon.
A cet égard, les prévisions de la grande distribution deviennent pour les fabricants la référence, même s’ils doivent tenir compte de leurs autres canaux de distribution. Force est de constater que le jeu n’est en effet pas facile à jouer pour eux car la grande distribution qui avait à une époque l’habitude de voir large avec des stocks pouvant aller jusqu’à plusieurs mois, réduit maintenant ceux-ci par- fois à quelques semaines. L’enjeu alors
des prévisionnistes est de viser juste car cette optimisation qui permet de fonctionner sans « trop ni trop peu » est le dangereux objectif à tenir.
Renvoyer les fournisseurs à leurs propres prévisions Dès lors on peut se demander comment se définissent et agissent les prévisions que cette grande distribution tend à imposer aux autres. Si l’on s’en tient à une définition simple et logique, les prévisions sont une estimation enten- due comme un calcul fait d’avance pour une période donnée. En l’occur- rence s’agissant de volumes et de flux destinés aux magasins, le calcul intègre les actions commerciales et leurs dimensions aléatoires. Ceci n’est pas aisé et ne permet pas de classer, loin de là, les prévisions au rang des sciences exactes. Pourtant la collecte des infor- mations et la capacité d’analyse qu’au- torisent les logiciels actuels doivent permettre d’éviter des erreurs par trop importantes et ainsi faciliter la fixation d’objectifs réalistes et possibles à atteindre, gages de bons résultats financiers tant pour la distribution que pour les producteurs. A ce stade, on peut comprendre aisément que ce soit
la grande distribution qui prenne ou reprenne la main sur les prévisions en renvoyant les fournisseurs et autres industriels à leurs propres prévisions et à leur plan de production, condition- nant ainsi les marges de ceux qui font un chiffre d’affaires déterminant en super et hyper.
Intégrer le facteur humain Si la grande distribution se doit d’avoir une démarche prévisionnelle performante malgré les incertitudes qu’elle a à considérer, elle doit aussi dépasser la simple notion d’outil et de
Jean-Philippe Mouton de Villaret Directeur
du Pôle Diagma Human Resources
jpvillaret@diagma.com
MAI 2012 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE ■ N°64 79
©C. CALAIS
©JAMES PERAGINE-FOTOLIA
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