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POUR VOS APPELS D’OFFRE


Jean-Jacques Hindryckx, Président du groupe MSL


« En grand import, la tendance est à la massification à l’origine »


La logistique mondiale est en mouvement. Les prestations évoluent vers une gestion globale des flux, depuis le Sourcing jusqu’à la destination, dite « Door-to-Door ». Un autre modèle serait également en émergence sous l’impulsion des grands distributeurs : la massification à l’origine. Explications de Jean-Jacques Hindryckx, Président du groupe MSL auquel appartient ASL Overseas, commissionnaire de transport inter- national et de logistique intégrée, présent sur 13 sites en propre dans neuf pays.


Supply Chain Magazine : Observez- vous depuis quelques années une demande de plus en plus affirmée des entreprises pour des prestations logistiques intégrées, dites Door-to- Door, qui engloberaient à la fois des services de Freight Forwarding, de stockage et de distribution ? Jean-Jacques Hindryckx : Cela fait des années que je parle de la montée en puissance des prestations Door-to- Door. L’élément fondamental aujour- d’hui, c’est que les importateurs, les acheteurs français et européens, ont besoin de se baser sur un prix de revient de leurs articles rendus le plus près possible de leurs magasins. Ils veulent que soit inclus le coût de la prestation du transporteur, du logisti- cien, du distributeur. D’où l’intérêt d’une prestation Door-to-Door. Et ce sont les fournisseurs qui de plus en plus vendent au destinataire un prix « rendu lieu de destination », sur le magasin ou sur la plate-forme logis- tique, droits acquittés ou non (inco- terms DDP, Delivered Duty Paid ou DDU, Delivered Duty Unpaid). Même les droits de douane sont facturés à l’origine. Cela a modifié l’impact de la logistique, ainsi que les schémas logistiques. C’est ce qui explique la tendance de la grande distribution à une massification de plus en plus à l’origine, en Asie.


SCMag : Qu’entendez-vous par massification à l’origine ? J-J.H. : A l’import, la grande distribu- tion va de plus en plus avoir recours à la préparation multiproduits prove- nant d’une région donnée, dans des conteneurs personnalisés à destina- tion d’entrepôt régionaux. Le schéma


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classique de la grande distribution, c’est que les marchandises qui arrivent par conteneurs en Europe, sont déchargées dans les ports, sont palet- tisées, filmées puis envoyées vers un entrepôt central avant d’être redispat- chées vers des entrepôts régionaux. Cela implique une multitude d’opéra- tions de manutention. Dans les années qui viennent, les grands distributeurs feront préparer directement des conte- neurs multifournisseurs dans des entrepôts de consolidation à l’origine. Autrement dit, les marchandises de plusieurs fournisseurs du même pays ou de la même région seront rassem- blées dans le même conteneur qui sera livré directement sur un entrepôt régional et non plus national. Actuel- lement, l’investissement des grands distributeurs dans une multitude d’en- trepôts en France ou en Europe, est très important. Les grandes centrales vont se poser des questions sur l’inté- rêt de cette logistique intermédiaire.


SCMag : Comment ce schéma peut-il suivre l’évolution de la demande client, compte tenu des délais incompressibles du transport maritime depuis l’Asie ? J-J.H. : Les grosses centrales d’achats s’appuient sur leurs chiffres de vente de l’année passée et s’engagent sur 75 à 85 % de production. Je ne parle pas là du monde du textile, mais par exemple les jouets se commandent en mars ou avril, pour un certain volume « massifié » qui représente peut être 70 à 80 % de ce qui sera au final approvisionné dans chaque magasin. Quand les ventes vont réellement démarrer, au milieu de la saison, il faudra effectivement tenir compte


©JL ROGNON


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