POUR VOS APPELS D’OFFRE
sidère William Parramore. Pour Airbus, par exemple, nous effectuons une pres- tation de logistique intégrée dans le sens où nous gérons ses flux avec une Control Tower mais nous opérons plus de 70 % des prestations avec nos moyens propres ». Geodis, de son côté, semble au contraire très attaché à la notion de neutralité et de séparation des activités 4PL et 3PL (voir interview de Jean-Louis Demeulenaere page 48). Le groupe Ceva a également franchi le pas en créant en 2011 sa propre struc- ture 4PL de près de 200 personnes, l’of- fre Smart End to End, qui s’appuie notamment sur une tour de contrôle des flux mondiaux, basée à Anvers. « L’objectif est d’organiser, de coordon- ner l’ensemble de l’activité logistique de nos grands clients mondiaux. Dans la grande majorité des cas, c’est du pilo- tage pur sans être forcément acteur : il s’agit de gérer les fournisseurs, d’or-
Expert Supply Chain chez Accenture Nicolas Bouvet,
des activités d’entreposage » « Même si le terme de 4PL n’est plus revendiqué comme tel, il est évident qu’il y a une évolution dans le temps de la part des activités réalisées par un prestataire logistique pour le compte de son client, tant sur le niveau de la prestation que sur la nature des services proposés. Cela ren- tre dans la définition initiale du 4PL. Nous voyons apparaître depuis quelques années des services Supply Chain à valeur ajou- tée qui vont au-delà des activités tradi- tionnelles d’entreposage, de préparation de commandes ou de transport. Quand on parle de tour de contrôle transport, d’optimisation et de planification du transport, de prévisions, de planification, ce sont de vrais éléments d’évolution. Il y a deux origines possi- bles : soit ce sont des acteurs du transport et de la logistique, qui ont des actifs en propre, soit ce sont des sociétés de service, comme Accenture, qui développent leurs offres, notamment en matière de services de prévisions/planification des approvision- nements, sur la base de la connaissance des historiques de ventes. Le nombre de clients que nous avons dans ce mode de fonctionnement est de plus en plus important, avec l’augmenta- tion du nombre de nouveaux produits et la complexité crois- sante des systèmes d’information ».
46 N°64 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - MAI 2012 « Les services vont bien au-delà
chestrer les flux intercontinentaux et de donner de la visibilité », annonce Franck Chevret, Directeur général de Ceva Logistics France.
La mutualisation pour les PME Comme l’illustre notre Top 110 des prestataires logistiques en France (voir pages 52 à 56), la logistique hexago- nale ne s’adresse pas uniquement aux grands comptes. Et l’offre dans ce domaine est elle aussi en mouvement, que ce soit en matière de logistique industrielle et de Lean (voir page 64), en matière de logistique e-commerce ou pour les PME fournisseurs de la grande distribution. Il semble d’ailleurs que les réflexions sur la mutualisation des chargeurs (voir l’étude du cabinet Deloitte page 74) aient inspiré les pres- tataires, qui sont de plus en plus nom- breux à concevoir des sites mutualisés pour leurs clients de taille moyenne. « Le point nouveau de la mutualisation, c’est de partager les actifs soit dans l’entrepôt, soit dans les camions qui y rentrent ou qui en sortent », observe Nicolas Bouvet, Expert Supply Chain chez Accenture. « C’est une tendance évidente, affirme Emmanuel Bonnet, notre stratégie est clairement d’avoir des entrepôts multi-clients. Nous allons bientôt ouvrir un entrepôt de 32.000 m2 de ce type à Gretz-Armainvilliers. » De son côté, Kuehne+Nagel vient de lan- cer une offre de mutualisation inédite, le Shuttle Pooling, qui s’adresse aux fournisseurs de la grande distribution qui ne souhaitent pas entrer dans les schémas contraignants du Pooling ou des centres de consolidation. Des navettes partent à jour régulier vers les points de livraison de la grande distri- bution. Elles proposent de mutualiser plusieurs flux en camions complets, livrés le même jour au même endroit, avec une tarification beaucoup plus avantageuse que celle de la messagerie ou du groupage affrètement de lots. « Cela fait un an que nous travaillons dessus. C’est une idée simple mais qui nécessite à la fois des moyens phy- siques, informatiques et humains de pilotage, c’est une forme de Control Tower », souligne William Parramore. Le pilotage des flux a de beaux jours devant lui ! ■
JEAN-LUC ROGNON
©L4 LOGISTICS
©ACCENTURE
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