RETOUR D’EXPÉRIENCE
sée. « Il s’agit d’aider les commerçants à fiabiliser le stock et d’arrêter de leur dire que leurs stocks sont faux ou qu’ils sont en rupture. La notion de stock suspect s’applique lorsqu’on a du stock mais que les ventes ne sont pas cohérentes avec ce niveau de stock. L’outil génère une liste d’une dizaine de références par rayon en moyenne afin que le Respon- sable de rayon vérifie si le stock théo- rique est réellement disponible à la vente ou dans un autre rayon, en cas- quette, en réserve, pas abîmé, pas en démarque inconnue… Dans la majo- rité des cas, cette démarche permet de corriger des stocks faux », indique le Responsable projet. En effet, il peut arri- ver qu’une broche ait été ôtée pour être remplacée par un autre produit, le temps d’une rupture, et qu’une fois le produit précédent réapprovisionné, il reste en réserve, faute de place en rayon, d’où l’absence de vente de cette référence. Il peut également y avoir des pots de peinture enfoncés, un blister ouvert, etc. Au Responsable de rayon de déterminer si le produit est encore vendable ou non, de remettre du stock sur les broches si nécessaire, etc. Une fois la dizaine de
stocks suspects analysés, le Responsa- ble de rayon valide qu’il a traité l’alerte ligne par ligne pour éviter que quelqu’un d’autre ne refasse ce travail. Ces enquêtes permettent ainsi de géné- rer des propositions d’approvisionne- ment plus justes, de corriger de fausses ruptures et donc d’augmenter la dispo- nibilité produit avec un impact positif sur le chiffre d’affaires.
Audit du MP
Une autre alerte a été générée depuis SAGES + sur les minima de présenta- tion. « C’est le stock minimum en dessous duquel on ne veut pas descendre pour des raisons Merchandising, de visibilité pro- duit », précise Manuel Davy, Co-fonda- teur de Vekia. Et Luc de Rycke d’ajouter : « Cette alerte nous permet de nous inter- roger sur l’intégrité du paramètre rensei- gné. C’est en effet le seul paramètre sur lequel le commerçant peut intervenir pour moduler son niveau de stock et des dérives sont possibles (le monter pour avoir plus de sécurité), sachant que l’ou- til fait en sorte de ne jamais descendre en dessous de ce seuil. L’alerteur calcule une couverture de stock pour mettre en évi-
L’Organisation Supply Chain de Leroy Merlin
Comme précisé page 132 de SCMAG N° 52 par Alain Richard, alors Direc- teur SC de Leroy Merlin France, auquel Cécile Laroumanie a succédé depuis, la Direction Supply Chain est récente dans l’enseigne du Groupe Adeo. « Nous commençons à installer une notion de Supply Chain transverse, du fournisseur au client, dans une entreprise où les flux sont encore en majorité directs et avec une grande culture d’autonomie des acteurs, que ce soit en magasins ou en centrale d’achat », précisait-il alors en mars 2011. La Direction Supply Chain se com- pose de quatre entités : une Direc- tion des approvisionnements, qui pilote une équipe de Responsables approvisionnements/groupe produits qui travaillent en étroite collabora- tion avec les Chefs de produits ; une Direction des opérations logistiques qui couvre les entrepôts (propres ou prestés) et les transports ; une Direction organisation et efficacité
transverse, qui optimise les conditions d’approvisionnement avec la Centrale d’achat et les magasins ; et enfin, le Contrôle de gestion. Ces équipes sont chargées de piloter tous les flux de produits (organisés, centralisés, stockés, cross-dockés). Leur vision transverse doit leur permettre de remettre en cause toutes les conditions d’approvisionnement en vue de mettre à dispo- sition des magasins la meilleure offre produit possible, au meilleur prix d’achat rendu magasin, quel que soit le circuit choisi par le Chef de produit. ■ CP
32 N°64 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - MAI 2012
dence les minima de présentation bien trop élevés et qui génèrent de coûteux surstocks. » L’outil laisse toutefois la main au commerçant, se voulant une aide à la décision et respectueux de son autono- mie. « L’outil fait une recommandation de minimum de présentation qui s’ap- puie sur ce que réalisent les autres magasins et calcule l’équivalent du minimum de présentation en jours de couverture. C’est une approche qui responsabilise », complète Manuel Davy. « Nos magasins sont très forts d’un point de vue commerce, mais la culture de ges- tion des stocks est plus récente », sou- ligne Luc de Rycke.
S’insérer dans l’existant Et de poursuivre : « Nous avons une fonc- tionnalité d’aide au choix des produits les plus pertinents pour compléter une com- mande. Nous en avons une autre qui va nous alerter sur les surstocks que nous générons dans des proportions trop importantes ». « Cette dernière fonction- nalité existait déjà dans SAGES, mais nous l’avons reprise et un peu améliorée, spécifie Manuel Davy, qui signale au passage que s’insérer dans l’environne- ment existant fait partie de la stratégie de Vekia avec sa solution Pro-Order. De plus, les utilisateurs n’ayant pas une forte culture informatique, il valait mieux rester dans le cadre de l’outil qu’ils avaient déjà bien appréhendé. Sans oublier qu’avec tous ses raccourcis, SAGES était déjà très efficace et il aurait été dommage de perdre cela. » « Les utilisateurs sont avant tout des commerçants et il ne faut pas perturber cette culture en introduisant des struc- tures trop complexes », renchérit David Ritel, Directeur commercial de Vekia. « Conduire le changement auprès de 15.000 personnes sur un outil com- plètement différent, cela n’aurait pas du tout été le même projet en terme d’inves- tissement », relève Luc de Rycke. Le bud- get formation pour le projet SAGES +, de quatre à huit heures par personne, soit 100.000 heures de formation en tout, étant déjà très conséquent !
Equiper l’ensemble des magasins d’ici la fin d’année
Après une phase d’analyse d’adéquation technique et fonctionnelle, le projet a démarré en septembre 2010 par des ate-
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