RÉGION ENJEUX
TRANSPORTS / LE NORD-PAS DE CALAIS MENACÉ D’ASPHYXIE CINQ PRÉSIDENTS EN COLÈRE
Signe de la gravité de la situation, les cinq présidents des CCI Nord de France ont, à l’unisson, tiré le signal d’alarme face à deux menaces qui pèsent sur le développement régional : la restriction des dessertes de TGV européens et l’accentuation de la congestion routière sur la métropole lilloise.
C’est un différend
diplomatique entre la Belgique et la
Grande Bretagne à propos de contrôles douaniers qui est à l’origine de la suspension, voire de la suppression, des dessertes des gares de Lille et de Calais-Fréthun, en TGV internationaux. Le Nord-Pas de Calais doit-il en faire les frais ?
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À propos de la desserte en Eurostar, un coup de gueule a été poussé en chœur et une lettre adressée au Premier ministre pour être entendu par le “groupe de haut niveau” mandaté par les autorités françaises, belges et britanniques.
Louvre-Lens, Railénium, Grand
stade de Lille, développement du port de Calais… Quid des succès espérés de ces grands projets et plus généralement du développement économique et de l’attractivité du Nord- Pas de Calais si n’est pas mis fin très vite à “l’anti-politique des transports” selon les mots de Philippe Vasseur. Ce signal d’alarme, le président de la CCI de région ne l’a pas tiré seul. Entouré des présidents des 4 CCI territoriales Nord de France, il s’est tout d’abord élevé avec force contre la restriction, voire la suppression, de la desserte en TGV Eurostar des gares de Lille et de Calais-Fréthun : « Nous sommes au cœur du triangle stratégique Paris-Londres-Bruxelles, mais si on se limite à relier ces trois capitales entre elles en nous ignorant,
nous ne serons plus européens ». La remise en question de ces liaisons internationales irrite aussi Jean-Marc Puissesseau, le président de la CCI Côte d’Opale, pour qui « on enlève une partie de la carte de visite de notre région touristique, industrielle et exportatrice ».
n Bruxelles, capitale du
Nord-Pas de Calais ! Autre raison de cette interpellation publique des pouvoirs politiques : la congestion de l’agglomération lilloise. Et c’est naturellement Philippe Hourdain, président de la CCI Grand Lille qui monte en première ligne : « Une régulation intelligente du trafic passe forcément par le contournement du sud-est de Lille et ce dossier n’avance
pas ». Inquiétude partagée par son homologue de l’Artois, Édouard Magnaval, rappelant combien « la thrombose de la métropole affecte aussi des milliers d’habitants de la région qui viennent y travailler ». Les cinq présidents en sont aussi convaincus : si rien ne bouge pour améliorer l’accessibilité internationale de la région, de sérieux risques vont peser sur les implantations d’entreprises, sur le développement de nos universités et vont remettre en cause notre ambition de faire du Nord-Pas de Calais la grande région logistique du Nord-Ouest Européen. Francis Aldebert, président de la CCI Grand Hainaut en est d’ailleurs persuadé : « Si nos atouts s’effritent un à un, Bruxelles va devenir la capitale de notre région ! »
7
5
milliard d’euros Des bouchons très
onéreux! Selon les études de l’agence européenne pour l’environnement, la congestion routière coûte annuellement 1,5 % du PIB en France. Dans notre région, cela représente plus de 1,4 milliard d’euros (l’équivalent des dépenses d’aides sociales du Département du Nord).
Philippe Vasseur, président de la CCI de région Nord de France
faut, nous emploierons tous les moyens utiles, voire spectaculaires, pour nous faire entendre.
“ S’il le ”
© Pascal Brunet
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