8ème Rencontre internationale de laMarche mondiale des femmes aux Philippines Renf orcerl’action collective
desfemmespourchangerle monde!
ParChristineVanden Daelen (CADTMBelgique)
C’est en rythme, au son de musiques et de chansons traditionnelles philip- pines, que débuta la 8ème Rencontre internationale de la Marche mondiale des femmes. Des déléguées de pas moins de 34 pays1 ont fait le déplace- ment jusqu’à Manille pour, toutes en- semble, mettre
leurs énergies,
expériences et analyses au service du renforcement et de la consolidation de ce mouvement féministe et anticapita- liste international.
Les repas entre les sessions de travail étaient préparés par des collectifs de femmes ayant survécu à la prostitution et à la violence sexuelle. L’une de ces femmes a volontairement témoigné de la descente aux enfers que vit une femme lorsqu’elle est sexuellement vio- lée et exploitée: «J’ai été violée par un homme dont j’étais amoureuse. J’ai aussi été abusée par mon employeur. J’ai été en- gagée dans un travail domestique qui est devenu de la prostitution. Ce n’est que
ma détermination qui m’a permis de quit- ter le milieu. En tant que victime, je sais qu’on doit se battre continuellement pour nos droits. Rien ne nous est ‘généreuse- ment’ octroyé. Tant que le capitalisme continuera à utiliser nos corps, les femmes seront toujours en prostitution. Sans mon implication au sein de mon or- ganisation (Bagong Kamalayan Collec- tive – organisation de masse des survivantes de la prostitution de rue et du trafic sexuel) jamais je n’aurais pu être parmi vous ni suffisamment vivante que pour vous raconter mon histoire». Lorsqu’on entend un tel récit, l’affirma- tion selon laquelle la prostitution est un travail comme un autre sonne plus que jamais comme une infamie desti- née à légitimer ce commerce humain insoutenable.
Si face à un gouvernement ultralibéral générant d’immenses inégalités (1 % de la population détient 30 % du revenu national), un chômage endémique et
des emplois sous-payés et précaires, si face à une Église catholique toute puissante qui s’oppose au passage de la loi sur la contraception et l’avorte- ment et interdit le divorce, si face à une présence militaire accrue des États-Unis et des désastres climatiques qui s’abattent prioritairement sur les populations précarisées (et donc sur les femmes)2, il ne fait pas bon être «femme» aux Philippines (comme dans de trop nombreux autres endroits de par le monde…), dès la fin de la dicta- ture de Marcos (1986) l’auto-organisa- tion des femmes a donné naissance à un mouvement féministe populaire fort et revendicatif.
Les défis féministes d’autrefois contre l’impérialisme et le patriarcat se maté- rialisent aujourd’hui dans les luttes pour l’égalité, contre la prostitution et la commercialisation du corps des femmes et des enfants, pour la recon- naissance des droits sexuels et repro- ductifs comme des droits humains fondamentaux, pour la paix et la démilitarisation, pour la souveraineté alimentaire, contre l’agrobusiness qui est en train de s’implanter dans le pays et contre les déséquilibres écolo- giques résultant d’un productivisme effréné.
La Marche mondiale des femmes comme mouvement permanent de mobilisation et d’action féministe
Dans un contexte de crise
systémique où toutes les politiques répondent aux logiques du capital et consacrent le saccage de la vie, où
1. Les 80 participantes à cette réunion venaient d’Afrique du Sud, d’Allemagne, de Belgique, du Brésil, du Canada, du Chili, de Corée, de Cuba, de l’État espagnol, des États-Unis, de France, de Galice, d’Haïti, d’Indonésie, du Japon, du Kenya, de Macédoine, du Mali, du Mozambique, de Nouvelle Calédonie, des Pays-Bas, du Pakistan, de Palestine, des Philippines, du Portugal, du Québec, de République démocratique du
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Congo, du Sahara Occidental, de Suisse, de Tunisie, de Turquie, d’Uruguay, du Vanuatu et du Zimbabwe. 2. Encore tout récemment, durant le week-end des 17 et 18 décembre 2011, une tempête tropicale a balayé le sud des Philippines entraînant dans son sillage plus d'un millier de mort-e-s et de nombreux/euses disparu-e-s. Des villages entiers ont été dévastés par les inondations, des routes et des
MMF
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