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POUR VOS APPELS D’OFFRE


trepôts, nous nous sommes aperçus qu’il n’existait pas de produit immo- bilier disponible sur le marché totale- ment en phase avec nos besoins. En effet, outre nos activités logistiques classiques, nous effectuons de la dif- férenciation retardée sur des produits informatiques dans des laboratoires dédiés. Nous n’avions donc pas néces- sairement besoin d’un bâtiment de 10 mètres de haut, quatre suffisant amplement. D’où le choix de recourir à la construction d’un siège et d’un entrepôt « sur mesure ».


SCMag : Quelles ont été les grandes étapes de ce projet de construction ? G.N. : Notre projet portait sur la construction d’un siège social de plus de 5.000 m² pouvant accueillir plus de 600 personnes et d’un entrepôt de 15.000 à 18.000m² pouvant abriter 250 personnes. Le tout avec une forte empreinte esthétique, un impact envi- ronnemental réduit et la recherche de certification BBC (Bâtiment à Basse Consommation). Nous avons confié la


ment, le permis de construire nous a été refusé au moment de la signature, fin 2008-début 2009 ; la raison invo- quée étant la construction d’un golf qui devait se situer juste en dessous de notre emplacement, sur un terrain en pente. Quelques mois après ce refus, un entrepôt a été construit par l’amé- nageur présent sur la zone à l’empla- cement en question…


SCMag : Que s’est-il passé ensuite ? G.N. : Nous avons continué à recher- cher des terrains avec l’aide de CBRE et avons découvert une zone en Seine-Saint-Denis placée sous l’égide d’un établissement public d’aménage- ment urbain en Ile-de-France. La mai- rie d’une des communes du départe- ment propriétaire de ces terrains était tout à fait prête à nous accueillir. Mais la piste n’a à nouveau pas abouti, notamment en raison du manque de réactivité de l’agence publique d’amé- nagement urbain et surtout de l’état d’esprit de son directeur en charge de l’aménagement et de cette zone


entrepôt, a été un concours de cir- constance. Mais d’une manière générale, quels sont vos critères de choix pour sélectionner un investis- seur-développeur ? G.N. : Tout d’abord, l’acceptation de travailler avec nos architectes et notre projet dans sa globalité. La stratégie patrimoniale de l’investisseur est aussi un élément important car nous ne voulons pas changer de propriétaire tous les trois ans. En conséquence, les fonds d’investissement ne nous inté- ressent pas. Sans oublier la capacité à faire des constructions en respectant la qualité que nous exigeons.


SCMag : Quel a été le rôle de CBRE au cours de ce projet ? G.N. : Nous avons travaillé essentiel- lement avec Marc Vichot (de CBRE) qui a été, au fil de ces quatre années, un accompagnateur hors pair. Nous avons visité par son biais une cin- quantaine d’entrepôts. Il nous a trouvé le terrain sur lequel nous allons emménager. Par ailleurs, CBRE connaît bien les différents acteurs (communautés de communes, agences régionales, aménageurs, investisseurs, etc.), ce qui lui permet de jouer acti- vement un rôle de facilitateur.


recherche du terrain à notre société de conseil immobilier CB Richard Ellis (CBRE), puis avons mandaté deux cabinets d’architecture très réputés, Marc Seifer, cabinet Equerre, pour la partie siège social et Philippe Gallois, cabinet SAGL, pour l’entrepôt. Cela nous a occupés en 2007 et 2008. Nous avons ensuite trouvé un terrain qui nous convenait parfaitement et qui se situait dans une ZAC au nord de l’Ile- de-France, à moins de 5 km de notre emplacement actuel, sur laquelle est implanté un aménageur principal. Après discussion avec la mairie et les élus, notre dossier a été accepté. Entre-temps, l’aménageur de la zone nous a sollicités pour nous offrir son aide. Proposition que nous avons déclinée, étant déjà en discussion avec d’autres investisseurs (Argan, Panhard Développement, AMB, etc.). Finale-


(je cite celui-ci « Il me reste 20 ans à travailler, je ne suis pas pressé et je dois les faires durer… »). Il est vrai que le tempo des entreprises n’est pas le même que celui de certains fonction- naires. Après ces trois années labo- rieuses, nous avons mis le projet en « stand-by » jusqu’en juin dernier où un nouveau produit nous a été pro- posé par CBRE : le Colonnadia à Paris Nord II, à Roissy-en-France, avec une superficie adéquate pour accueillir notre siège ainsi que trois cellules (de 5.700 m2


chacune) localisées sur la


ZAC des Tulipes, à Gonesse, dans un bâtiment logistique standard (cons- truit par Prologis). Nous avons donc opté pour ce choix considéré comme une « solution de repli ».


SCMag : En fait, le choix de travail- ler avec Prologis, propriétaire de cet


98 N°61 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - JANVIER-FÉVRIER 2012


SCMag : Quel est votre sentiment général concernant cette épopée ? G.N. : La construction de ce projet à été une expérience formidable tant sur la réflexion que sur la qualité des gens rencontrés (pas tous) mais clairement nous avons perdu trois ans d’efforts, d’espoirs et d’argent. Il faut bien le dire et le dénoncer, le marché immo- bilier est opaque, ce secteur manque d’éthique et de transparence. Cette déclaration n’engage que moi et moi seul, bien évidemment. Nous nous sommes adaptés, mais le résultat ne correspond pas à ce que nous proje- tions initialement. Notre projet de bâtiment BBC n’a finalement pas vu le jour. Nous avons frôlé la délocali- sation de 900 personnes. Nous n’avons pas été aidés par les amitiés entre municipalités et aménageurs et par certaines personnes employées par une agence foncière publique. ■ PROPOS RECUEILLIS PAR JULIA FUSTIER


©GEODIS


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