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DOSSIER Impact de la crise SUITE DE LA PAGE 64


Jacky Gervis, Co-président de FM Logistic


Franck Grimonprez prône la prudence : « Pour toute nouvelle activité, les PME de notre réseau calculent BFR, plans de financement et de trésorerie et compte d’exploitation prévisionnel. Les clients doivent s’en- gager à ce que les investissements en « dur » soient repris par le prestataire suivant en cas de change- ment. En cas d’arbitrage entre deux investissements, je conseille de privilégier les partenariats dans la durée avec les clients existants ». Valérie Lassalle, Dirigeante des Transports Lassalle, PME de transport et logistique adhérente FNTR, favorise les investis- sements de remplacement. Elle a obtenu un prêt bancaire de 200.000 € fin 2011 pour rénover sa sta- tion de lavage de citernes.


Bruno de


Chaisemartin, Membre du Conseil de surveillance de Soflog-Telis


Hervé


Zlotykamien, Directeur d’activité, Industry Capital


Des investissements informatiques… Dans la catégorie optimiste, la PME Crosslog, spé- cialisée dans la logistique e-commerce, a le vent en poupe. Après un C.A. en hausse de 24 % en 201 (17 M€), elle s’attend à +20 % en 2012. « La croissance viendra du textile, de l’enfant, de la décoration et des cosmétiques, prévoit Franck Journo, Directeur Commercial et Marketing. Nous investissons dans l’aménagement des entrepôts que nous louons, notamment en informatique. Leur surface augmente régulièrement. Après 0,7 M€ investis en 2011, nous allons améliorer notre système de gestion d’entrepôt. » Le presta- taire logistique de taille moyenne spécialisé dans l’industrie Soflog-Telis paraît plutôt confiant. Bruno de Chaisemartin, Membre du Conseil de surveillance, analyse : « Certains clients conti- nuent à avoir une activité soutenue ; toutefois, avec la crise, un certain nombre préfèrent ne pas s’engager à moyen terme et préfèrent des contrats d’un an difficilement compatibles avec l’activité. Ils recherchent l’optimisation des coûts et notre rôle est de leur faire prendre en compte le coût complet. Les PME industrielles ont déjà beaucoup serré en termes de coûts. Nous investissons : ouverture de trois sites en 2011, informatique, emballages techniques et audit pour devenir Opé- rateur Economique Agréé. Et la crise pourrait pré- senter des opportunités de sociétés qui ont souffert de la baisse de volume ».


… et dans les infrastructures


Les grands groupes gardent aussi le moral. FM Logistic poursuit les objectifs de son plan straté- gique et met en service en 2012 une plate-forme au nord de Paris dont le coût global s’élève à 25 M€ et a prévu d’étendre des plates-formes existantes. Jacky Gervis, Co-président, attend « un C.A. de 840 M€, en croissance pour l’exercice clô- turant en mars 2012. L’activité transport a le taux de croissance le plus élevé. Nous regardons les quelques dossiers d’acquisitions qui passent, sans être opportunistes ».


66 N°61 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - JANVIER-FÉVRIER 2012


Ayant consacré 8 M€ aux infrastructures en 2011, DHL International Express France maintient son niveau d’investissement au 1er semestre 2012, avec notamment 0,8 M€ en terminaux mobiles pour les livreurs et le réaménagement de sept à huit agences, après 15 en 2011. « Notre activité repose sur la vigueur des échanges interrégionaux, notamment avec les Etats-Unis et la Chine, qui se maintiennent, explique Florence Noblot, PDG. Nous investissons en lien avec notre engagement de qualité de service et pour gagner des parts de marché. »


Réformer la finance, soutenir l’économie réelle Tous les acteurs s’accordent sur l’absence totale de visibilité sur 2012 et après. Rien n’est pire que l’incertitude. Ceci témoigne d’abord de la forte volatilité des marchés financiers. Elle désempare la classe politique, qui multiplie les effets d’an- nonce. Or, la crédibilité de la politique écono- mique repose sur l’affichage d’objectifs clairs non remis en cause à court terme, sous peine d’affoler les anticipations des agents économiques. De plus, la vision à court terme qui régente les décisions économiques et politiques évite de se pencher sur le passé pour améliorer l’avenir, quand l’économie est, par définition, cyclique, et ainsi de regarder la grande crise de 1929, suivie du New Deal de F.D. Roosevelt qui a sorti les Etats-Unis de l’ornière. Et la prédominance de la pensée libérale et monétariste dont la chancelière allemande Angela Merkel se fait l’apôtre, empêche des courants économiques moins rigoristes d’être force de proposition, tel le nouveau keynésia- nisme de Joseph Stiglitz.


Les plans de rigueur concomitants dans toute l’Europe présentent un risque auto récessif. Le ratio Dette publique/PIB s’améliore en faisant baisser la dette, objectif des plans, si et seulement si le PIB ne baisse pas… Pourquoi pas des plans de relance communs au niveau européen par grand secteur de l’économie réelle (industrie/distribu- tion/prestations de services) ?


Enfin, regrettons qu’une réforme en profondeur du système financier mondial ne soit pas à l’ordre du jour. Réinjecter de la masse monétaire dans le système financier au lieu d’en penser la réforme, c’est empêcher le Titanic de couler en écopant à la petite cuillère…et creuser les déficits publics par la même occasion, la crise financière de 2008 ayant entraîné celle de la dette publique de 2011, tout en oubliant de soutenir l’économie réelle. Appelons donc à tenter de réduire les déséquilibres actuels et à plus de constance dans la politique écono- mique du prochain gouvernement, même si sa marge de manœuvre restera (très) limitée. Bonne année 2012 ! ■ CHRISTINE CALAIS


©C.CALAIS


©SOFLOG-TELIS


©C.CALAIS


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