ENQUÊTE Restauration hors domicile
deux ou trois. Sauf que les fréquences à laquelle le restaurateur passe ses commandes sont assez différentes entre l’épicerie (riz et pâtes, deux fois par mois), les surgelés (deux fois par semaine) et le frais/fruits et légumes (deux à quatre fois par semaine). Le fait d’être spécialisé par température permet de livrer à la bonne fréquence alors qu’en tri-températures, on pro- fite de la livraison deux fois par semaine de produits frais pour livrer un peu de produits secs. Cela a pour conséquence d’augmenter le nombre de palettes à livrer au total, et donc le
nombre de camions qui livrent. D’au- tant qu’un camion qui livre des pro- duits secs est nettement moins cher et produit moins de CO2.
SCMag : C’est la raison pour laquelle Pomona continue à livrer les produits frais et surgelés ensemble et les produits sec à part ? A.S. : Tout à fait. Cela dit, il y a cer- tains cas où le tri-températures peut se justifier. Quand il s’agit de très petites quantités de livraison, il y a intérêt à augmenter la quantité
s’intéresse de près à la mutualisation Panapro P
anapro est né en 2008 de la réin- ternalisation de la logistique amont et aval du groupe Holder. C’est notamment un outil logistique sur lequel s’appuie le réseau des quelque 500 boulangeries Paul (en France et à l’international) et des clients de la restauration hors foyer. Trois ans plus tard, cette société compte deux entrepôts dans le Nord, s’est dotée d’un WMS et d’un ERP. « Nos clients ont besoin de produits frais, surgelés, ultra-frais et secs. Il faut proposer des solutions tri-tempé- ratures qui combinent tous ces pro- duits et permettent l’optimisation des moyens de transport vers nos plates- formes régionales d’éclatement, nous
Plate-forme logistique tri températures de Marcq-en-Baroeul
Pascal Dezoteux, Directeur de Panapro
explique Pascal Dezoteux, Directeur de Panapro. La RHF, c’est aujourd’hui ce qu’il y a de plus compliqué à gérer
pour nous, il y a des contraintes de livraisons très fortes. C’est générale- ment de la messagerie, avec de petits porteurs, sur des plages horaires de 6h à 11h qui se réduisent au fil des ans. On se retrouve souvent à faire de la livraison sur rendez-vous en mettant des moyens dédiés supplémentaires sur la route ». Difficile par ailleurs d’améliorer le taux de remplissage compte tenu de la contrainte sur les horaires de livraison. « Nous avons quasiment épuisé toutes les solutions d’optimisation en interne, c’est pour- quoi nous recherchons des solutions de mutualisation pour compléter nos camions avec d’autres fournisseurs industriels qui ont la même probléma- tique ou d’autres réseaux de distribu- tion ». Cette démarche d’ouverture vers l’extérieur dépasse d’ailleurs le seul maillon du transport. « Nous essayons d’aller plus loin. Le transport représente 50% de coûts de nos charges logistiques. Ce que l’on recherche, c’est aussi de la mutualisa- tion en entrepôt », précise Pascal Dezoteux. La construction d’un nou- veau bâtiment tri-températures qui démarre cette année sur Lesquin, pour soulager la plate-forme de Marcq-en- Baroeul, devrait donner à Panapro les moyens de ses ambitions. ■ JLR
52 N°61 ■ SUPPLY CHAIN MAGAZINE - JANVIER-FÉVRIER 2012
moyenne livrée par client, ce qu’on retrouve dans le commerce de proxi- mité ou de la restauration commer- ciale indépendante. Par exemple, dans une boulangerie pâtisserie qu’on livre- rait à 90 % de sec, il y a intérêt à ne pas revenir spécialement pour livrer les 10 % de surgelés. Autrement dit, la livraison tri-températures est intéres- sante si le poids moyen livré (PML) est faible ou bien si la densité client est particulièrement faible et nécessite de parcourir beaucoup de kilomètres pour livrer un client. ■ JEAN-LUC ROGNON
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