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dans ses entrepôts des produits qui lui appartiennent et d’autres non.


SCMag : Quels sont les principales contraintes logistiques pour un grossiste livreur en RHD ? A.S. : La contrainte fondamentale la plus compliquée à maîtriser est la combinaison entre les horaires de livraison et les créneaux horaires. De loin, cela ressemble à la livraison en ville des supérettes : de petites quan- tités, livrées le matin. Mais avec une différence fondamentale : si le client n’est pas satisfait de votre livraison, il peut se faire livrer par votre concur- rent dès le lendemain matin. Les cré- neaux horaires sont très étroits : 7h30-11h30 dans le meilleur des cas, mais en restauration commerciale, c’est plutôt 9h-11h. Ce n’est pas com- pliqué quand il s’agit de gros volumes livrés à un ou deux restaurants en camion complet. Mais dans notre cas, les camions livrent en moyenne 15 clients par tournée. C’est très


impactant sur la structure de coûts. Le vrai levier de rentabilité est d’aug- menter la densité client pour bénéfi- cier d’économies d’échelles.


SCMag : Avez-vous envisagé de mettre en place des tournées de livraisons l’après-midi ? A.S. : Je pense que c’est une fausse bonne idée car dans un coût de tour- née, le plus cher n’est pas le camion mais le salaire du chauffeur et les kilomètres parcourus. Ajouter une tournée l’après-midi fait gagner sur les coûts fixes du camion qui ne représentent pas plus de 20 % du coût d’une tournée. Autrement dit, en fai- sant deux tournées par jour, on gagne au maximum 10 %. Mais attention, il faut pour cela que la tournée soit aussi bien remplie, ou au moins à 90 % par rapport à celle du matin, et les clients qui acceptent d’être livrés l’après-midi sont très difficiles à convaincre. Et s’ils sont trop éparpil- lés géographiquement, on reperdra en


kilomètres ce que l’on aura cru gagner en coûts fixes.


SCMag : Vous proposez un large éventail de produits secs, frais et surgelés et pourtant Pomona n’est apparemment pas adepte des livraisons tri-températures, pourquoi ? A.S. : Là encore, intuitivement, le tri- températures peut paraître très sédui- sant, mais selon moi, ce n’est pas si simple. Je vais tenter de vous le démontrer. Toutes choses égales par ailleurs, sur un jour donné, supposons que vous ayez un certain volume à expédier : du sec, du frais, des sur- gelés. Faire du tri-températures ne change pas le nombre total de palettes à livrer, ni les mètres carrés de plan- cher. Ni le nombre total de camions à utiliser. Il serait même un peu plus élevé en tri- températures. Pourquoi ? Certes ce n’est pas intuitif, surtout du point de vue du restaurateur, qui ver- rait arriver un seul camion au lieu de


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