CINÉ
par Nicolas Bodou
Olivier Marchal
lorsque le polar français retrouve ses lettres de noblesse.
Avec trois films au compteur en tant « Gangsters »
« 36 quai des orfèvres », brutal et
que réalisateur, Olivier Marchal a su Avec « Gangsters », c’est le premier
touchant.
donner un second souffle au polar long métrage qui marque les prémices
Un très grand film, qui marque
français, apportant autour de ses d’un grand cinéma.
l’entrée du réalisateur dans les grands
œuvres une qualité et une intensité Filmé avec un réalisme accru, la
noms du cinéma français.
dramatique rarement égalées dans le plongé d’un flic sous une fausse
Une « guerre des polices » opposant
p a y s a g e c i n é m a t o g r a p h i q u e identité (Richard Anconina, à vif),
deux grands noms du cinéma français
français. pour démasquer des ripoux un cœur
(Auteuil, Depardieu) servie par une
Réalisateur cinéphile et inspiré par d ’ u n c o m m i s s a r i a t f i l m é
m i s e e n s c è n e r é a l i s t e e t
les grands noms du polar français et extraordinairement comme une place
esthétiquement soignée.
américain, il a su insuffler cette forte en dehors du monde où
Marchal oscille entre le travail
passion et cet amour dans son travail « vivent » des fantômes campés
méticuleux de reproduire un cinéma
et ainsi redonner au public le goût comme des derniers gardiens d’une île
réaliste et le regard de cinéphile qui
du polar en offrant un cinéma abandonnée.
transforme les éléments du film pour
saisissant. D e s d i a l o g u e s s a v o u r e u x
donner un résultat qui a de l’allure.
Il est vrai qu’on peut se dire qu’un accompagnent le film, faisant penser
Voitures, décors, habits, tout est
ancien flic serait plus à même de quelquefois à la grande époque
calculé pour offrir un style qui ne
trouver l’inspiration et l’authenticité d’Audiard.
serait être dans la réalité mais
pour fournir un polar de qualité, Et des gueules, il filme des tronches
qu’importe, le cinéma est aussi là
mais c’est avant tout la passion et le de cinéma tel un Léone, une série
pour offrir un spectacle de qualité et
talent qui donnent ce résultat. d’acteur impeccables dans leur rôle
Marchal l’a bien compris.
Premier essai réussi avec le court r e s p e c t i f , r e p r é s e n t a n t
Le film est imposant, les acteurs sont
métrage « un bon flic », où toute la impeccablement aux travers de leur
filmés au travers de leur visage pour
dualité d’un flic s’extirpe d’une être ses hommes abîmés par la vie et
raconter une histoire. Ils sont
ambiance poisseuse. La détresse leurs métiers que l’on retrouvera pour
marqués, et la caméra, cruelle,
humaine y est filmée de près. On est beaucoup dans la suite du parcours
constamment posée sur leur cernes
pris par l’odeur d’un désespoir qui d’Olivier Marchal.
comme pour définir toutes la
s u i n t e d a n s l e s d é c o r s o u
dramaturgie de l’histoire qu’ils vont
s’entrecroisent les âmes égarées au
vivre.
milieu de cette nuit sans fin.
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